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L'univers de TR7
Japon

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On ne joue pas avec les Yakuzas

- Il voulait me refourguer des faux de la période Asuka. Les Yakuzas manquent vraiment de bon sens !

Introduction

Nom : Tokyo
Continent : Asie - Pays : Japon
Région : Île de Honshū
Situation géographique : Baie en bordure du Pacifique
Altitude : 5 m
Datation : occupée depuis c.1457 jusqu'à nos jours

Situé au carrefour de quatre plaques tectoniques, le Japon est un pays d'extrêmes, où les plaines à très forte densité de population côtoient les contreforts des volcans toujours en activité. On parle d'archipel pour le Japon car il se compose de quatre îles principales - Honshū, Hokkaidō, Kyūshū et Shikoku - et de milliers de petites îles éparpillées dans l'Océan Pacifique. Sa capitale, Tokyo, est aussi la ville la plus peuplée du monde.

Carte du Japon :
localisation de Tokyo.

Repères historiques

L'histoire du Japon est traditionnellement divisée en 14 périodes, chacune d'entre elles étant caractérisée par une civilisation (mode de vie, traditions) bien précise. La période Asuka est l'une de ces périodes. C'est durant cette période que le bouddhisme qui se répandait depuis la Chine atteignit le Japon (vers 538 p.C). La religion n'est pas la seule tradition chinoise adoptée par le Japon à cette époque : l'écriture et les techniques agricoles sont elles aussi progressivement assimilées. Il s'agit d'une période d'apogée pour le Japon, qui forme pour la première fois un véritable état. Le pouvoir, centralisé, établit sa capitale à Asuka, qui restera la capitale politique et culturelle du Japon aux VIe et VIIe siècles.

Dogū, figurine d'argile
aux yeux d'insecte.
Période de Jōmon (c. 1000 - 300 a.C.)
Le repaire de Shogo Takamoto dans
Tomb Raider Legend.

C'est à cet endroit que sont construits les premiers palais impériaux et les premiers temples bouddhiques, dont l'architecture s'inspire elle aussi des modèles chinois. A partir du VIIIe s., l'influence chinoise décline peu à peu et le Japon adopte un système d'écriture, une religion et des arts spécifiques. En 794, l'empereur Kammu déplace la capitale à Kyōto, qui le restera pendant plus de 1000 ans, marquant ainsi le début de la période de Heian (ancien nom de Kyōto), considérée comme l'âge d'or de la culture japonaise.

Des rouleaux verticaux typiques de la
peinture Muromachi (XIVe siècle).
Des textures de TR7 : peintures
monochromes sur rouleaux verticaux.

Les premiers Occidentaux à atteindre le Japon furent les Portugais au XVIe siècle, suivis par les Hollandais, les Anglais et les Espagnols. L'autorité impériale a alors décliné depuis longtemps et le pouvoir a été transmis aux shōguns, des généraux administrant le pays, ainsi qu'aux daimyo, des seigneurs de province. Le régime des shoguns s'effondre définitivement à la fin du siècle et trois seigneurs de province montent successivement sur le trône et entreprennent de réunifier le Japon divisé.

Bouddhisme, shintoïsme et traditions

Le bouddhisme s'impose comme religion nationale du Japon précisément à l'époque de Heian, à travers deux sectes principales : la secte Shingon et la secte Tendai. C'est surtout ce dernier mouvement qui gagnera en puissance au cours des siècles suivants, notamment grâce à la proximité des relations de la cour et du clergé installé dans un monastère non loin du palais impérial.

Un autel bouddhique traditionnel. Croquis préparatoire pour
le Japon dans TR7.

La religion en place à l'arrivée du bouddhisme était le shintoïsme, la plus ancienne religion du Japon, dont le bouddhisme adopta certaines règles. Le shintoïsme implique une croyance en des divinités (les kamis) veillant sur les éléments vivants, morts ou inanimés de la nature. Les deux religions ont cohabité et cohabitent encore à l'heure actuelle : les Japonais continuent d'observer les rituels shintoïstes tout en les mêlant à des pratiques bouddhiques. Dans les maisons par exemple, un autel bouddhique (butsudan) se dresse souvent à côté d'un autel shintoïste. Les deux religions sont célébrées dans différents lieux de culte : on parle de temples bouddhiques et de sanctuaires shintoïstes. Ces bâtiments sont très différents par leur structure et leur concept.

Le Bouddha Amitabha de Kamakura,
capitale du Japon de 1192 à 1333.
Un trésor d'argent
du niveau Japon dans TRL.

A l'ombre des cerisiers en fleurs

Nous l'avons vu, le shintoïsme pose le respect de la nature comme concept principal. Les jardins japonais tels que nous les connaissons sont nés dans les sanctuaires shintoïstes, sous l'influence du respect de la nature prôné par cette religion, et c'est surtout pendant la période d'Edo (1603-1868) que le peuple s'est épris de jardinage. Traditionnellement, ces jardins se composent de lanternes, de barrières de bambou, d'eau courante et d'un pont de bois ou de pierre.

Un jardin japonais typique. L'un des croquis de TR Legend.

On distingue généralement quatre types de jardins japonais : le jardin de paradis, composé de pierres formant des îles au sein d'un lac, évoquant le paradis bouddhique; le jardin sec, qui se compose de pierres et de sable et invite à la méditation; le jardin-promenade, conçu comme son nom l'indique pour entraîner le visiteur sur un sentier et lui donner l'impression d'être à l'écart du monde; et le jardin de thé, qui conduisait de la maison au traditionnel pavillon de thé le long d'un sentier composé de dalles.

Est-Ouest en construction

Suite à l'arrivée des Occidentaux au XVIe siècle, le choc culturel est intense, mais les Japonais adoptent rapidement certaines technologies et pratiques européennes : le christianisme se répand, et les Japonais s'équipent des navires et des armures occidentales. A la fin du XVIe siècle, alors que les Jésuites puis les Franciscains pratiquent des conversions en masse, l'un des trois principaux daimyos promulgue l'interdiction et une répression forte contre le catholicisme. En réponse à la menace catholique grandissante, le Japon se ferme aux Européens : les armes à feu sont prohibées, on revient au sabre, et il est même interdit d'utiliser de grands bateaux de type européen.

C'est le début d'une période de paix, bien que de fermeture, connue sous le nom d'époque d'Edo. La politique isolationniste permet un développement des villes et du commerce intérieur. La capitale administrative et militaire est déplacée de Kyōto à Edo (qui deviendra Tokyo), alors un petit village de pêcheurs, marquant ainsi la séparation avec le pouvoir impérial (qui reste à Kyōto).

Le dragon du toit du Karamon (la
porte chinoise) du temple de Nikkō.
Le dragon décorant
les bureaux de Takamoto.

Les contacts avec l'Occident ne reprendront que deux cents ans plus tard, en 1854. La restauration des contacts commerciaux avec l'Occident transforme la société nippone mais la plonge également dans l'instabilité économique. La violence grandit envers les étrangers, que l'on estime responsables de l'inflation. L'alcool et notamment le whisky sont importés par les Britanniques et créent des ravages parmi la population. Malgré cela, le Japon prend exemple sur la modernité occidentale, non seulement au niveau technologie mais aussi au niveau institutionnel. En quelques dizaines d'années, le pays s'élève au rang de puissance internationale.

En 1940, le Japon signe un pacte tripartite avec l'Italie et l'Allemagne, ce qui mènera au double bombardement d'Hiroshima et Nagasaki en 1945. A la fin de la guerre, le Japon passe sous tutelle américaine. Commence alors une période de reconstruction lors de laquelle l'architecture empreinte d'abord au futurisme. Mais c'est surtout dans les années '80 que le Japon connaît un miracle économique sans précédent, lequel entraîne une frénésie de construction dans la plupart des villes et plus spécifiquement à Tokyo, sous l'influence de Le Corbusier, de Frank Lloyd Wright, de Nigel Coates ou plus récemment de Philippe Starck.

Le Tokyo International Forum,
centre culturel de la ville.
Tokyo dans TR7,
jungle de verre et d'acier.

Tokyo by night

Que faire le soir à Tokyo lorsque l'on n'a pas rendez-vous avec le chef de la pègre locale ? Promue capitale en 1868, dévastée par un tremblement de terre en 1923 puis par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, cette métropole ultramoderne et fascinante est aussi la ville la plus peuplée du monde, avec 34 millions d'habitants. Elle compte d'innombrables gratte-ciels, et des quartiers très différents et spécifiques.

La nuit tokyoïte, avec la Tokyo Tower. Un panorama made in TR7

Le quartier de Ginza, par exemple, au centre de Tokyo, a connu une reconstruction massive à la fin du XIXe siècle. Il est devenu le foyer des influences occidentales et de la modernité et l'on y retrouve des galeries commerciales, des boutiques à l'européenne comme le Printemps, des magasins spécialisés comme Mitsukoshi (un grand magasin de luxe), mais aussi de petites boutiques vendant des objets traditionnels.

Le quartier de Ginza,
l'un des grands centres de la ville.
Une délicieuse soirée
pour prendre l'air !

Plus à l'ouest, le quartier de Roppongi concentre les clubs de Tokyo, ainsi que les grandes chaînes de restaurants. Certains clubs, comme le Hobgoblin, sont réputés pour leurs écrans plasma distrayant les invités. D'autres, situés au dernier étage des buildings, offrent une vue imprenable sur Tokyo.

Vue de Tokyo depuis le New York Bar,
situé dans le quartier de Roppongi.
Soirée tendance à Tokyo...

Samouraïs, Rōnins et Yakuzas

Les samouraïs ou bushi dirigèrent le Japon féodal du XIIe au XIXe siècles. D'abord affiliés aux daimyo, les seigneurs de province, ils devinrent plus puissants que l'empereur. Ils vivaient selon un code de loyauté strict, le bushidō, inspiré du bouddhisme, du shintoïsme et du confucianisme. Le bushidō stipulait entre autres que les samouraïs devaient avoir recours au seppuku, un rituel de suicide, plutôt que de subir le déshonneur. Éduqués de façon spartiate, accoutumés à la vue du sang et de la mort, les enfants devenaient samouraïs à l'âge de 13 ans et recevaient alors leur premier sabre. Les samouraïs en portaient deux : un court et un long.

Selon le bushidō, l'âme du guerrier réside dans le sabre qu'il porte. Décoration d'un bureau tokyoïte
dans Tomb Raider Legend.

Les rōnin (littéralement "hommes errants") étaient des samouraïs sans allégeance, sorte de parias exclus de la société japonaise pour plusieurs raisons : la mort de leur daimyo, leurs propres fautes ou leur défaite au combat. L'un des récits favoris des Japonais raconte l'histoire de 47 rōnin. Leur seigneur, Asano, fut condamné au suicide pour avoir tiré l'épée contre le seigneur Kira qui l'avait provoqué. Les 47 samouraïs vengèrent leur maître en tuant Kira et en présentant sa tête devant la tombe d'Asano, au temple Sengaku-ji de Tokyo. Ils furent à leur tour condamnés au suicide. Ce récit a inspiré une pièce de théâtre, Chushingura, ainsi que plusieurs films.

Mais la notion de rōnin implique souvent une exclusion de la société et une vie de rébellion, voire de banditisme. Ainsi, à l'heure actuelle, les membres du "milieu" montrent leur attachement à la tradition des rōnin en se couvrant le corps de tatouages, extrêmement douloureux et chers, qui racontent les exploits de leurs ancêtres.

Corps tatoué d'un homme
appartenant à la pègre japonaise.
Shogo Takamoto,
chef de la pègre japonaise dans TR7.

Nous l'avons vu plus haut, à la fin du XVIIe siècle, le Japon s'est fermé, pour près de deux cents ans, à l'influence de l'Occident. C'est ce que l'on appelle l'époque d'Edo (ancien nom de Tokyo). Dans les grandes villes qui sont alors en plein essor, on voit affluer une population venue des campagnes, attirée par la demande de main d'oeuvre. A celle-ci s'ajoutent des samouraïs désoeuvrés, qui n'ont plus rien à défendre depuis la réunification du Japon. Dans les villes naissent ainsi les "nouveaux pauvres" (des pauvres très différents des religieux vivant dans l'ascétisme), qui s'organisent selon de nouvelles structures, plus ou moins basées sur la parenté. A l'époque d'Edo, les yakuzas (mot traduit à l'heure actuelle par "truand") étaient de simples joueurs professionnels. Ils s'installaient généralement dans trois quartiers voisins : celui de la prostitution, celui des bas-fonds et celui du divertissement. Peu à peu, les yakuzas n'exercèrent plus seulement en tant que joueurs. Armés et capables de se défendre, ils commencèrent à exercer une certaine protection sur la prostitution, les loisirs et les chantiers de construction.

Après la Seconde Guerre mondiale, le Japon se trouva affaibli, manquant d'emploi et de nourriture. La police avait été désarmée et discréditée. La seule façon de survivre pour la population japonaise fut d'exploiter le marché noir, qui entra rapidement sous le contrôle des chefs yakuzas. Les yakuzas recrutaient alors leur main d'oeuvre parmi les vétérans, des hommes entraînés au combat et sachant manier une arme. Ils avaient la mainmise sur le commerce des armes, sur le marché noir (nourriture, produits de luxe) et sur les amphétamines promues pendant la guerre pour améliorer l'endurance à la fois des ouvriers et des soldats.

Les groupes mafieux (que l'on appelle gumi, ou syndicats), se sont faits plus nombreux au cours des trois décennies qui ont suivi, bien qu'ils se sont heurtés à une répression de plus en plus forte de la part des forces de l'ordre. Cette répression les a forcés à diversifier leurs activités, se dissimulant derrière des sociétés écrans et des comités politiques. Les lois anti-gang (dont la plus importante fut passée en 1992), le vieillissement croissant de la population japonaise et donc de leurs membres ainsi que l'attrait de la société occidentale chez la jeune génération a réduit les effectifs yakuzas, à un tel point que certains gumi ont été obligés de passer des petites annonces de recrutement.

Les yakuzas aujourd'hui,
le doigt sur la couture du pantalon.
Shogo Takamoto et ses gumi-in,
soldats yakuzas.

Les gumi, bandes de yakuzas, sont structurées en strates : le chef, à la tête de l'organisation, est entouré par ses conseillers qui ne font pas partie du groupe; il est secondé par ses cadres supérieurs, puis des cadres, des soldats et tout en bas de l'échelle, des recrues. Les soldats (ou gumi-in) sont responsables de toutes sortes de tâches : ils sont à la fois chauffeurs, secrétaires, hommes d'entretien, majordomes et éducateurs des nouvelles recrues.

Les yakuzas obéissent essentiellement à cinq règles principales :
- Ne pas désobéir ou causer de nuisance à leurs supérieur.
- Ne pas trahir le gang ou ses membres.
- Ne pas se battre contre les membres du gang.
- Ne pas détourner les fonds du gang.
- Ne pas toucher à la femme d'un autre membre du gang.

Jusqu'à ces dernières années, il était commun de voir de jeunes hommes aux doigts amputés dans les rues des villes japonaises. L'amputation d'un doigt était autoappliquée aux recrues ayant manqué à leur devoir de yakuza au sein du groupe. En outre, les soldats yakuzas peuvent se dénoncer pour un crime commis par leur supérieur et se faire condamner à la place de ce dernier.

Gageons que pour la police de Tokyo, Shogo Takamoto s'en est tiré avec les honneurs - que sa vie ait été bonne ou mauvaise...

A suivre : Afrique, une carte postale du Ghana.

Bibliographie

- N. Bornoff, Japon, Paris, 2005.
- J. Stanley-Baker, L'Art japonais, Londres, 1984.

- P. C. Swann, Japon, Paris, 1965.
- J. Benson et al., Japon, Londres, 2000.
- Ph. Pons et al., Tokyo. Une mégapole de villages, Paris, 1989.
- Ph. Pons, Misère et crime au Japon, Paris, 1999.
- P. B. E. Hill, The Japanese Mafia, Oxford, 2003.
- A. Shimbun, N'empruntez jamais d'argent aux yakuzas, Courrier International 669, p. 20 et ff.
- K. Yatabe, Vers une nouvelle guerre des gangs, Courrier International 780, p. 30 et ff.

Pour en savoir plus...

- Le Japon facile [FR]
- L'histoire du Japon sur Wikipedia [FR]

- Un site sur l'architecture tokyoïte [AN]
- Le blog d'un Tokyoïte français [FR]

 

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