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Catégorie n°1 :
écriture |
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Vous trouverez ici les trois textes
gagnants du concours de Captain Alban.
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1er prix |
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Mars 1990 : Lara Croft est à la recherche
d’une relique sacrée, un trésor japonais : le cœur Shôdô. Shôdô fut un moine
bouddhiste. Au VIIème siècle, celui-ci fit construire les premiers temples
bouddhistes sur la montagne sacrée Nikko. Une légende raconte, que c’est
l’esprit de bouddha lui-même qui lui a demandé d’ériger ces temples. Il
devait superviser la construction et être le protecteur de ces lieux.
Ceux-là devaient à jamais rester sacré. Lors de sa mort, les moines mirent
son âme dans une relique en argent, pour que ce dernier puisse protéger son
œuvre pour toujours. Au fil du temps, se produisirent de nombreuses
tentatives d’attaques et de pillages, mais grâce à l’esprit de Shôdô, toutes
échouèrent.
Les motivations de Lara étaient toutes autres. Elle ne voulait pas cette
relique pour avoir un quelconque pouvoir, mais pour compléter son
impressionnante collection et se faire une réputation. Cela faisait
plusieurs mois qu’elle effectuait des recherches au sujet de cette relique,
et aujourd’hui était enfin arrivé le jour où elle allait partir pour le
Japon et concrétiser ses recherches.
Arrivée au Japon, Lara prit la direction de
la montagne de Nikko. Puis alla se reposer, en prévision du rude chemin
qu’il lui restait à effectuer, dans un hôtel, non loin de là. Après une
bonne nuit, Lara prépara ses affaires et parti en direction des temples
bouddhistes.
Elle savait qu’elle ne pourrait pas emprunter l’entrée principale du temple
recueillant la relique, car cette dernière s’était effondrée à causes des
nombreux tremblements de terre qui s’étant produit dans la région depuis la
construction de ces temples. Cependant, elle savait où aller. Elle avait
étudié les lieux de fond en comble lors de ses recherches, et était parvenue
à trouver un passage, depuis un temple non loin du sanctuaire de la relique.
Ce passage était utilisé par les moines pour aller rendre visite à Shôdô et
entretenir son sanctuaire.
Après plusieurs heures de marche dans la
montagne, Lara trouva enfin le temple en question. Elle entra. Comme il y
faisait sombre et comme il était vieux ! Il avait sombré dans l’oubli car il
était assez éloigné des autres et que le chemin pour s’y rendre était
particulièrement périlleux. Les moines l’avaient volontairement construit à
cet endroit là : ils ne voulaient en aucun cas que quelqu’un profane ce lieu
et enlève la relique sacrée.
Lara aurait su exactement où aller si les
lieux étaient restés intacts, mais ce n’était pas malheureusement le cas.
Elle perdit quelque temps pour trouver ses points de repère et trouver
finalement le passage.
Celui-ci était escarpé, et il fallait que Lara fasse très attention, car les
marches étaient particulièrement rongées par le temps et par conséquent, un
simple mauvais pas suffisait pour qu’elles se désagrègent. Après une longue
montée, où Lara évita de peu de chuter dans le vide, Lara arriva au bout de
son ascension. Malheureusement, une surprise l’attendait : elle était dans
une impasse! Il n’y avait pas d’issue. Lara se dit qu’un éboulement dû aux
tremblements de terre avait dû condamner le chemin. Je n’ai pas de
chance, comment vais-je accéder au sanctuaire? Il me faut absolument cette
relique. Mais qu’est-ce ceci? Lara venait d’apercevoir un rai de lumière
un peu plus en haut. Tentant sa chance et malgré les murs glissants, Lara
parvint à s’infiltrer dans le petit passage en hauteur. Elle dû ensuite
ramper, pour arriver jusqu’à une salle. Lara comprit que c’était le
sanctuaire. Cette idée aurait dû la réjouir, mais ce n’était pas le cas :
quelqu’un d’autre l’avait devancée.
Cinq personnes se trouvaient déjà dans la salle : un jeune homme assez
mince, flanqué de trois gardes assez fort et un dernier. Il avait l’air
assez mal en point. Il saignait du nez, avait un cocard à l’oeil droit et
ses poignets étaient attachés. Tout portait à croire qu’il n’était pas le
bienvenu à cette petite réunion.
Lara trouva préférable de rester cachée pour l’instant et observa alors la
scène.
Le jeune homme s’approcha de la relique en argent. Lara ne put s’empêcher de
penser : « qu’elle est magnifique… il me la faut ». Elle avait
l’aspect d’une grosse fleur faite d‘argent. Un argent si pur et si brillant.
Lara n‘en avait jamais vu un aussi beau. N‘importe qui aurait tout de suite
compris, que ce trésor n‘était pas qu’un banal ornement, mais qu‘il avait
une puissance magique.
Il avançait lentement, comme s’il craignait
l’approcher. Pourtant, subjugué par la beauté de la relique, il fini par
trouver le courage de la prendre dans ces mains. Triomphant, il se tourna
vers le prisonnier et dit en Japonais :
« - Voyez-vous Monsieur, vous aller avoir le privilège d’être le premier
à vivre ce pouvoir.
- Mais qu’allez-vous donc en faire?
- Grâce à ce magnifique trésor, je vais pouvoir posséder le Japon. Et qui
sait, peut être même plus. Le monde rampera à mes pieds et m’implorera mon
pardon !!!
- Que racontez-vous? C’est un simple trésor!
- Quoi ? Un simple trésor! Vous ne savez pas de quoi vous parlez! Cette
relique a tué toutes les personnes malveillantes voulant s’approcher de trop
très des temples. C’est une arme de guerre et lorsque je saurais
parfaitement la manier, je serais le maître du monde! Mais trêve de
bavardage! Je vais faire mon premier essai et vous avez l’immense honneur
d’être mon cobaye. »
Le prisonnier se sentait de plus en plus
mal. Des gouttes de sueurs perlaient sur son front. Il était terrorisé.
Le jeune homme brandi le cœur au-dessus de sa tête, et commença à réciter
une formule. Lara comprit très vite que le moment de réagir était venu. Elle
bondit de sa cachette, dégaina ses Desert Eagle et tira dans les jambes du
jeune homme, voulant à tout prix éviter de le tuer. Ce dernier s’effondra et
lâcha la fabuleuse relique. Le cœur Shôdô alla se fracasser sur le sol. Ce
dernier se fissura et laissa s’échapper une étrange fumée blanche. Elle se
répandit dans toute la salle et Lara put à peine distinguer le retour de
flamme que crachaient les armes des gardes. Quelque instant plus tard,
l’étrange brouillard se dissipa. Tous gisaient mort en dehors de Lara et du
prisonnier.
« - Oh merci! Merci! Vous m’avez sauvez la
vie! Mais comment se fait-il qu’ils soient tous morts?
- C’est Shôdô qui les a tué. Leurs âmes étaient impures : ils voulaient
profaner ce lieu et utiliser le cœur pour des projets malsains.
- Où est partit Shôdô alors?
- Il est parti se réfugier dans un objet où personne n’aura l’idée de le
trouver.
- Dites-moi, que faites-vous ici? Vous n’êtes pas vraiment de la région. Et
comment se fait-il que vous en sachiez autant au sujet de cet objet?
- Non c’est vrai. Je m’appelle Lara Croft, je suis archéologue.
- Ah, je comprends. J’ai vraiment eu de la chance que vous soyez là à ce
moment. Mais excusez-moi je ne me suis pas présenté. Je m’appelle Toru
Nishimura.
- Et que faites-vous ici Monsieur Nishimura?
- Ah!! C’est une longue histoire...
- Mais j’ai tout mon temps et j’adore les histoires.
- D’accord, je vais tout vous racontez. Je suis un jeune journaliste et je
n’ai pas peur du risque. Au contraire, cela donne un peu de piment. Et
récemment j’ai décidé de faire un article sur le ministre Taka. Il venait
d’être promu ministre et des rumeurs courrait à son sujet, en particulier
sur le fait qu’il aurait des liens avec les Yakuza et qu’il ferait du trafic
d’arme pour arrondir ces fins de mois. Alors je me suis renseigné, et j’ai
appris qu’il entreprenait d’effectuer un voyage vers la montagne de Nikko
très prochainement. J’étais sûr qu’il avait rendez-vous avec les Yakuza pour
entreprendre quelque chose. Alors je m’y suis rendu moi aussi et je l’ai
suivi.
« A Nikko, Taka était accompagné par trois
Yakuzas que vous pouvez voir ici. Je n’avais pas entièrement tort sur le
fait que des Yakuzas étaient mêlés à cette histoire de voyage. Mais je
compris assez rapidement, que leur visite en ce lieu sacré ne concernait pas
une quelconque transaction d’armes mais qu’elle avait été organisée pour
trouver une certaine relique magique. Je me disais, encore des supercheries.
Et je me demandais comment un être aussi cultivé et savant que Taka pouvais
croire à de telles sottises.
« Ils étaient équipés pour leur excursion à
la montagne: les Yakuzas portaient de gros sacs, avec du matériel
d’alpinisme. Il y en avait même un qui transportait de la dynamite. De mon
côté, je n’étais pas habillé pour marcher des heures dans la montagne. Mais
je n’avais jamais envisagé qu’ils allaient rechercher une relique. J’ai dû
peiner pour les suivre. Mes chaussures me faisaient de plus en plus mal.
J’étais épuisé. Je ne vraiment pas habitué à ce type d’excursions. Je me
suis même demandé comment Taka s’en sortait aussi bien. Au bout de plusieurs
heures, ils se sont arrêtés. J’attendais ce moment depuis si longtemps… Mais
je compris rapidement qu’ils ne s’étaient pas arrêtés pour se reposer, mais
parce qu’il cherchait quelque chose :
« - Mais où est cette porte! Elle devrait être dans les environs. La
région a certes été ravagée par les tremblements de terre, mais il devrait
en rester une trace tout de même!
- Chef !! Venez voir ce que j’ai trouvé! »
Il venait de trouver une fleur gravé au sol!!
« - C’est le cœur de Shôdô! S’exclama Taka.
- Que racontez-vous là chef, c’est qu’une fleur.
- Imbécile! Inculte! Le cœur de Shôdô est représenté par une fleur. Plus
précisément par une fleur de cerisier. Elle représente le cœur de la nature
et de la vie! C’est un symbole sacré! »
Taka observa les alentours et conclut:
« - C’est ici! Mettez la dynamite!
- Mais chef, il n’y a aucune porte ici! Vous êtes sur de vous?, demanda l’un
des Yakuza.
- Tu ne m’écoutes donc jamais. J’ai dit il y a à peine 5 minutes, que des
tremblements de terre ont ravagé ces lieux et que donc tout a été détruit!
»
Les trois Yakuza posèrent la dynamite et
quelques instants plus tard, tout avait explosé! C’est à ce moment là que
les Yakuza et Taka m’ont découvert. Je ne m’était pas assez mit à couvert et
lors de l’explosion une petite pierre me tomba sur la tête. Je n’ai pu
réprimer un cri. Je me suis rendu compte de mon erreur trop tard et les
Yakuzas n’ont pas tardé pour me retrouver.
« - Espèce de vermine! Que faites-tu là? Cria Taka.
- De l’alpinisme. Répondis-je. Bien que je savais que cette excuse ne
passerait jamais.
- De l’alpinisme! Tu me fais rire. Avec cet accoutrement, tu pourrais à
peine traverser Tokyo! Alors que fais-tu là? »
Je ne voulais pas répondre, alors un des
trois Yakuza me frappa violemment à la tête. Je ne m’étais jamais pris de
coup aussi fort. Je voyais de toutes les couleurs. Comme je ne voulais
toujours pas répondre, les Yakuza ont continué à couvrir de coups chaque
parcelle de mon corps. J’ai cru que j’allais mourir!
« - Arrêtez! Cela suffit! On ne va pas perdre de temps avec un parasite
de son genre. Attachez-le et emmenez-le avec nous. Il ne risquera pas de
faire d’autres bêtises… De plus j’ai ma petite idée de la fin qui pourrait
l’attendre puisque nous touchons au but.
Mais sache que je sais quel genre d’homme tu es. Tu es un piteux journaliste
qui a tenté de te renseigner sur moi! N’es-tu pas au courant que d’autres
ont essayé avant toi et que tout ce qu’ils ont trouvé, c’était la mort!
»
Je ne réagis point. Mais je fus étonné par
ses dires. Il est vrai que j’avais entendu parler d’un journaliste, qui
avait perdu la vie, lorsqu’il avait essayé de se renseigner sur Taka. Mais
il était allé espionner chez les Yakuza. Et dans leur domaine, il y en a peu
qui arrivent à s’en sortir. Donc je n’avais pas cherché plus loin. Mais il
faut croire que ce n’était pas le seul et que Taka avait réussi à faire
croire que la mort des autres journalistes était due à une toute autre
raison.
« -Tu ne le savais point. Quel mauvais journaliste que tu fais là! Il
faudrait se renseigner un peu plus sur la bête que l’on veut chasser avant
de passer à l’acte! »
On continua plus en avant dans le couloir. Ce dernier n’était pas très long,
mais j’ai eu l’impression qu’il ne finirait jamais, tellement je souffrais
le martyre à chaque pas. Je sentais tout le long de mon corps une douleur
sourde et lancinante.
Arrivé au bout Taka alla prendre la relique. Et là, je pense que vous
connaissez la suite Miss Croft.
- Et bien, je peux dire que vous êtes un
courageux journaliste. Car il en faut de la volonté et du courage pour
s’attaquer aux Yakuza! S’exclama Lara.
- Vous me flattez… Mais je crois que j’ai compris ma folie. Et je ne
recommencerais jamais plus. Si vous n’aviez pas été là, je serais sans doute
mort. Encore mille fois merci.
- Mais de rien. Je ne supporte pas ce genre de personne prétentieuse qui ne
pense qu’au pouvoir et à gouverner le monde dans la terreur. Mais sortons,
mon hélicoptère ne devrait plus tarder.
- Comment ça un hélicoptère?
- Oui je l’ai appelé, lorsque vous me racontiez votre mésaventure. Je me
suis dit que vu votre état, vous ne seriez pas capable de faire le chemin du
retour. Ais-je eu tort?
- Non, mais vous possédez un hélicoptère?
- Vous savez, je suis très riche et grâce à mon père j’ai des connaissances
un peu partout dans le monde.
- Miss Croft, vous disposez de nombreuses qualités qui ne demandent qu’à
être révélées… Quelle sera donc la prochaine surprise ?»
Lara et Toru sortirent de se qui restait du sanctuaire et prirent
l’hélicoptère en direction du plus proche hôpital.
Malgré les nombreux coups que s’était pris
Toru Nishimura se rétablit vite. Il garda contact avec Lara et en guise de
reconnaissances lui proposa son amitié, que Lara s’empressa d’accepter avec
joie.
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2e prix |
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Le campus de la prestigieuse université
bourdonnait de vie et d’activité en ce beau lundi d’Octobre. Les étudiants
des années supérieures, les assistants des professeurs et les responsables
de confréries se démenaient pour accueillir les nouveaux et les diriger,
selon les cas, vers les résidences, les salles d’inscriptions aux modules ou
les tables de fortune posées sur des tréteaux et installées un peu partout
sur les pelouses. Le brouhaha était intense, mais aucune cohue n’était à
déplorer : tout se passait dans la plus grande sérénité. Parmi les nouveaux
arrivants, il était aisé de dégager quatre tendances, quatre formes de
comportement bien distinctes : les « fils à », des jeunes complexés, qui
étaient venus accompagnés, de gré ou de force, par leurs parents ; les
futurs « caïds » qui, bien qu’aussi nouveaux que les autres, se comportaient
comme s’ils avaient toujours vécu sur le campus ; les « affolés », souvent
seuls, qui courraient en tout sens de peur de rater telle ou telle
inscription ; et Lara Croft.
La jeune femme, tout juste dix-huit ans, détonnait dans l’ambiance générale
: elle était allongée sur un banc en pierre, la tête posée sur les cuisses
de son petit ami, les yeux fermés et un casque de baladeur sur les oreilles.
- Tu vas pas t’inscrire ? intervint finalement Alex.
- Pas la peine, répondit Lara. Mon majo’ a dû le faire pour moi…
- Non seulement tu es bourrée de fric, mais en plus, tu as un majordome ?
- Ouais…
- Trop cool !
- Bof…
Lara se redressa, fouilla dans sa poche et sortit son paquet de cigarettes.
Elle s’en alluma une avant de tendre le paquet à son copain.
- Pourquoi t’es venue, alors ? renchérit Alex.
- Parce que j’ai pas le choix. Et puis pour découvrir ma piaule. Et mes
coloc’.
- Eh ben voilà, que ne le disais-tu pas ? Allons voir ces charmantes
demoiselles !
- Déjà, tu commences par te calmer ou je te fais sauter les valseuses !
- Toujours le même caractère, ma poule… C’est des piaules de combien ?
- Trois.
- Deux charmantes colocataires… qui s’appellent ?
- J’en sais rien.
- Menteuse !
Lara dévisagea Alex avec une expression neutre. Lentement, elle souffla de
la fumée à son visage, le forçant à tousser. Puis elle sortit un petit
morceau de papier déchiré de sa poche.
- Sara Pezzini et Amanda Evert, lut-elle.
Alex siffla entre ses dents.
- Très jolis prénoms ! s’exclama-t-il. Sara, Amanda et Lara. Belle
brochette, dans la chambrée !
- T’es lourd. Imagine que ce soit deux mochetés ?
- Pas avec des prénoms pareils, tu rigoles !
- De toute façon, on s’en fout, t’as pas le droit de venir.
- Quoi ? s’étrangla-t-il.
- Le bâtiment est réservé aux filles, andouille.
- Ben tu les fais sortir !
Lara haussa les épaules et se leva du banc. Elle se pencha pour l’embrasser.
- Allez, rentre chez toi. On se retrouvera dans quelques jours.
Et elle le laissa en plan.
***
Lara traversa la campus de façon
nonchalante. Non pas qu’elle ne voulait pas être là, ou qu’elle s’y sentait
mal, mais elle tenait, presque inconsciemment, à se démarquer du système
universitaire. Tout comme elle s’était démarquée de son propre univers en
s’habillant de façon négligée, en fumant, et en sortant avec un amour
d’adolescence, venu d’un milieu beaucoup plus modeste que le sien. Loin du
manoir de son père, loin de son majordome, loin des convenances, loin de
l’Angleterre aristocratique, loin des gens qui connaissait son rang et la
traitait donc en conséquence, loin de sa vie, en somme, elle se sentait
libre. Libre d’apprendre ce qu’elle voulait, quand elle le voulait, avec qui
elle le voulait. Libre d’appréhender enfin ce monde qu’elle avait côtoyé
sous l’égide de Werner Von Croy. Alors que son esprit continuait de
vagabonder, elle fut brutalement ramener à la réalité par une voix criarde.
Elle baissa alors son regard sur une femme, d’une cinquantaine d’années,
maigre et les cheveux tirés en arrière. Le genre de mégère acariâtre que
Lara avait fréquenté toute sa jeunesse.
- Il est interdit de fumer dans le bâtiment ! hurla le cerbère en tailleur.
Veuillez éteindre immédiatement votre cigarette, jeune fille !
Lara la fixa un moment sans un mot, le regard froid, se demandant si elle
devait écraser sa cigarette sur le front de cette folle. Elle se résigna et
s’exécuta dans le cendrier.
- Je n’aime déjà pas beaucoup votre comportement, mademoiselle ! Vous allez
loger ici ?
- Ouais, répondit Lara.
- Déjà, on dit « oui, madame ». Quel nom ? fit-elle en regardant son bloc de
papier.
Soudain très énervée, Lara lui arracha le bloc des mains et le consulta
elle-même. Du coin de l’œil, elle vit que la gardienne était devenue rouge
vif, et manquait s’étouffer devant un tel culot.
- Co… Co… Comment osez-vous ! finit-elle par s’écrier.
Lara lui fit signe de se taire et retrouva son nom dans les listes. Elle
trouva ainsi le numéro de son petit appartement qu’elle allait partager en
colocation. Elle rendit le bloc.
- Mademoiselle ! hurla la gardienne. Vous allez immédiatement me donner
votre nom ! Je vais rédiger un rapport au recteur ! Je vais vous faire
radier ! Je vais vous dresser ! Vous…
- Oui, madame, fit Lara.
Et elle planta la gardienne sur place et se dirigea vers les escaliers.
Ce n’est qu’en arrivant en face de la porte « 224 » que Lara se rendit
compte qu’elle n’aurait pas dû se brouiller instantanément avec la gardienne
: elle ne possédait aucune directive, conseils ou recommandations, ni aucune
clé. Sans se démonter, et se disant qu’elle aurait le temps d’aplanir les
choses, elle ouvrit. Près de quatre ans de voyages et de découvertes sous
l’égide de Von Croy l’avaient rendue non pas paranoïaque, mais légèrement
méfiante lorsqu’il s’agissait d’ouvrir une porte inconnue. En même temps, à
quoi pouvait-elle s’attendre dans une chambre d’étudiantes ? A des pièges
ancestraux ? A des loups ? A des moines combattants ? Rien de tout cela,
évidemment. La chambre était spacieuse, lumineuse et très encombrée par les
affaires, scolaires et personnelles, de deux filles y vivant déjà. Seul un
coin semblait rangé et propre, à savoir le sien. Les deux étudiantes étaient
physiquement présentes lorsque Lara ouvrit : elles levèrent donc les yeux
vers la nouvelle arrivante. La première, brune, était assise sur le rebord
de la fenêtre, à contempler la foule sur le campus, une cigarette allumée à
la main ; l’autre, blonde, était assise au bureau, des lunettes sur le nez,
plongée dans plusieurs livres. Elle fut la première à se lever, ce qui ne
représentait pas un exploit, la brune ne donnant pas l’impression de vouloir
bouger.
- Bonjour, fit la blonde. Tu dois être la nouvelle ?
- Il paraît… fit Lara en serrant la main tendue.
- Je m’appelle Amanda Evert, et voici Sara Pezzini.
- Lara Croft.
- Tu es venue sans tes bagages ?
- Ils sont pas loin…
- Ok. Je te fais visiter ?
Lara acquiesça d’un hochement de tête, les yeux rivés sur la brune, qui
avait à peine détourné son attention de la contemplation du campus. Elle
suivit donc la blonde, distraitement, dans tout l’appartement. Ce qui se
résuma à la visite de la salle de bains. Visiblement blasée, la brune – Sara
– descendit du rebord de la fenêtre et sortit de la chambre, sans un mot.
- Excuse-la, fit Amanda. Elle est un peu… spéciale.
- Ca la rend d’autant plus intéressante. Elle étudie quoi ?
- Le droit. Elle veut devenir officier de police, je crois. Et toi ? Tu
viens étudier quoi, ici ?
- L’archéologie.
- Cool ! C’est un domaine lié étroitement au mien : l’anthropologie sociale.
- En effet, remarqua Lara. Nous aurons des cours en commun.
Tout en disant cela, Lara se demanda intérieurement si c’était une vraie
bonne nouvelle pour elle. Elle se contenta de se réprimander mentalement de
juger trop vite.
- Tu veux un café ? demanda Amanda.
- Je veux bien… Faudrait que j’aille m’excuser auprès de la vieille peau en
bas.
- On ira après, je me porterais garante de toi, si tu veux.
Lara acquiesça, puis se détourna de l’étudiante blonde, qui se mit à
préparer du café à l’aide d’une simple bouilloire. Lara en profita pour
refaire le tour de l’appartement, avec l’œil averti que Werner Von Croy a
passé tant d’années à affûter. Avant que le café ne soit servi, Lara
connaissait la plupart des petites manies et habitudes de ses deux nouvelles
colocataires. Toujours silencieuse, elle revint s’asseoir près d’Amanda, qui
servait maintenant le café instantané.
- Tu as pu tirer tes conclusions sur nos habitudes ? fit soudain Amanda,
sans lever les yeux.
Lara resta un moment stupéfaite. Comme Amanda releva enfin la tête, leurs
regards se croisèrent. L’espace d’un instant, l’étudiante blonde n’avait
plus du tout cet air gauche, tête à l’air, et gentiment pénible qui avait
frappé Lara dès le premier regard : ses yeux dégageaient soudain une
intensité et une volonté difficilement soutenable. Cette flamme s’éteignit
aussi rapidement qu’elle était apparue, et Amanda, redevenue « idiote »,
remonta ses lunettes d’une pichenette et termina de servir le café.
- Tu as dit quoi à la gestionnaire, en bas ? fit Amanda d’un ton léger.
Lara tenta de reprendre ses esprits. Pour se donner une contenance, elle
attrapa une des tasses et se mit à siroter le café.
- J’ai été un peu agressive, reconnut-elle enfin. Disons, autant qu’elle l’a
été elle !
- C’est typique d’elle ! Tu fumais, je parie ?
- Oui.
Amanda se mit à rire, de plus en plus fort, si bêtement que Lara douta que
l’instant précédent eut vraiment eu lieu. Elle s’arrêta de rire d’un seul
coup, et se pencha soudain vers Lara. La jeune femme mit tout son
apprentissage en avant pour ne pas sursauter.
- Alors, fit Amanda d’un air de conspiratrice, je suppose que tu aimes les
légendes et mythologies ?
Lara acquiesça, vaguement inquiète. Amanda retira ses lunettes et eut un
sourire énigmatique.
- As-tu déjà entendu parler de la dernière reine de Tiwanaku ?
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3e prix |
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- La porte est peut être piégée!
- On est piégées! OH NON!
Amanda venait d'apercevoir le monstre, qui s'était occupé du sort de ses
amis tels que Sarah et Kent, derrière Lara. C'est alors qu'Amanda se pressa
d'arracher la pierre, le monstre s'approcha dangereusement de Lara... Une
seconde de plus et Lara ne serait plus de ce monde, mais Amanda réussi à
arracher la sorte de clé avant. Les deux amies s'échangèrent un regard, puis
se demandèrent ce qu'il se passa.
C'est alors que le sol se mit à trembler :
- Cours Amanda! Fit Lara prise de panique.
C'est alors qu'en courrant Amanda trébucha et se coinca la chaussure dans
une pierre. En voulant aider son amie, une grille tomba mais Lara réussi à
la retenir. Pendant qu'Amanda essaya de défaire sa chaussure et que Lara
retenait la grille, la salle commençait à se remplir d'eau, elles sont
prises au piège. Le niveau d'eau commença a être dangereusement haut, Amanda
pris de l'oxygène puis retenta de se libérer de sa chaussure. Quand à Lara,
elle admira le courage qu'avait Amanda, et elle aussi pris un dernier bol
d'air. Quelques secondes plus tard, Amanda essaya de dire sous l'eau "Va-t'en!
Je suis piégée mais toi non!" puis des rochers tombèrent au dessus
d'Amanda et la grille fut trop lourde, Lara lâcha la grille et chercha du
regard Amanda mais elle compris que c'était trop tard puis elle s'en alla...
Les rochers n'avaient pas toucher Amanda ils étaient tombés devant elle.
Amanda se sentit faible, très faible... puis elle s'évanouit suite à son
manque d'oxygène. Les écritures de la salle devinrent rouge flamboyant...
Plus tard, Amanda se réveilla brusquement
en ayant l'impression d'avoir le souffle coupé. La jeune femme regarda
autour d'elle, Amanda remarqua qu'elle se trouvait là où tout avait
commencé, là où elle avait insisté auprès de Lara pour qu'elles descendent,
là où la corde avait cassée... Soudain, un jeune homme aux lunettes de
soleil accouru vers l'étudiante.
- Est-ce que vous allez bien? Demanda le jeune inquiet.
- Oui... euh non! Comment se fait-il que je sois ici, et...
A ce moment précis, Amanda s'aperçut qu'elle était couverte de tatouages
aussi étranges les uns que les autres.
- Oh mon Dieu!
- Pour ce qui est de votre sauvetage j'y suis pour quelque chose mais pour
vos... symboles j'en ai aucunes idées on vous a retrouvée comme ça.
Soudain, Amanda se mit à paniquer:
- Mais c'est impossible, j'étais piégée au bord de la noyade et je ne
portais pas ces fichus tatouages!
- Calmez-vous! Tout d'abord je me présente, James W. Rutland jr, je suis le
frère de Sarah.
- Oui je me souviens! Sarah m'avait parlé de vous, elle disait qu'on se
ressemble fortement... fit Amanda en baissant les yeux.
- Ah bon? Mais vous n'êtes pas cette fille plutôt curieuse, blonde aux yeux
bleus et ayant une grande passion pour les mythes anciens?
- Si c'est bien moi, Amanda Evert. Mais comment m'avez-vous sortie de là? Et
avez vous réussi à sauver els autres?
- Une certaine Anaya nous a téléphoné, disant qu'elle s'inquiétait car aucun
des membres possédant des talkie walkies ne répondaient, et ma soeur faisait
partie de ces membres... C'est alors, que moi et une équipe médicale sommes
arrivés ici en hélicoptère. Tout d'abord nous avons essayé de retrouver
cette Anaya mais sans réussite, ensuite une équipe est descendu en plongée,
c'est ainsi qu'on vous a aperçue et remonté à la surface. Quand aux
autres... Le regard de James se fit plus lointain et il regarda la rivière.
Vous êtes la seule avec Anaya, a avoir survécu à cet incident...
- Oh... Toutes mes condoléances, je suis vraiment désolée... Mais j'y
repense! J'ai une amie, Lara Croft! Elle a survécu j'en suis sûre et
certaine! Fit Amanda rageusement. Elle a survécu, en me laissant...
- Lara Croft? Ce nom ne me dit rien... Peut être s'est-elle échappée avant
notre arrivée. Ce qui est sûr, c'est que nous avons réussir à vous sortir de
là à temps! Et nous en avons profité pour récupéré ce médaillon, qui je
pense vous appartient.
James tendis le fameux médaillon, qui fut en réalité la pierre qu'Amanda
avait enlevé pour sauver Lara des griffes du monstre. A ce moment précis,
Amanda senti son corps vibra face à l'objet, elle devait posséder cette clé!
- Tenez, on a pas pu récupérer la chaussure mais avec le lacet je vous ai
fait un collier, fit le frère de Sarah. Amanda savait ce qu'il lui restait à
faire, se venger!
- Vous devez avoir froid toute mouillée comme ça! Dit James.
- Un petit peu, mais je pense avoir vécu pire il y a quelques heures,
répondit Amanda en essayant de briser la glace.
- Si vous voulez j'ai amené quelques vêtements qui appartenaient à Sarah,
ils sont dans la tente.
- Merci bien, fit Amanda en souriant.
Quelques minutes plus tard, Amanda avait mis un jean délavé et une haut
assez court marron. C'est alors qu'en mettant le collier, Amanda se sentit
dans son élément. Elle comprit qu'elle était maîtresse du monstre qu'elle
pensait avoir vaincu.
- Et bien merci, monsieur Rutland, commença Amanda.
- Appelez-moi James.
- Comme vous voudrez, merci en tout cas, mais je crains que ce soit ici que
nos chemins se séparent. Disons que j'ai quelques comptes à régler.
- Oh non je ne pense pas Amanda, au contraire cela ne fait que
commencer.
Amanda ne comprit pas ce qui se passa... Mais elle s'aperçut que James
Rutalnd Jr avait raison.
- Connaissez-vous le mythe du roi Arthur et d'Excalibur? demanda le jeune
homme.
- Oui bien sur, Sarah, Anaya, Lara et moi travaillions dessus, et nos
recherches nous ont amenées ici, à la recherche du temple de la reine de
Tiwanaku.
-Bien, très bien même! Je pense que nous allons bien nous entendre.
C'est ainsi que James et Amanda partirent en direction de l'hélicoptère. Un
dernier regard, une dernière bouffée d'oxygène... ce qui venait d'arriver à
Amanda était bel et bien réel. Mais ce qu'elle ne savait pas, c'est que son
nouveau pendentif la ferait vivre dans son passé, et qu'elle n'était pas la
maîtresse du monstre. Le monstre était le maître d'Amanda.
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