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Création ingrate (9) |
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Création ingrate, chapitre
9, par Eleo, le 10
novembre 2005.
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Chapitre 9
Les arbres défilaient à toute allure devant
les yeux agacés de laventurière, qui en avait assez des ces heures
fatigantes en automobile. Cela faisait tellement longtemps quelle était
assise, quelle avait limpression que tout son derrière avait été
anesthésié. Ses ongles quelle claquait sur le rebord de la fenêtre
exposaient sa patiente volatile, depuis des heures ils chantaient en rythme.
Sengouffrant dans la campagne profonde, ils traversèrent de nombreux champs
et forêts, avant, de sarrêter enfin devant une immense demeure. Lara bondit
hors de la voiture, et sétira de tout son long.
Cétait un petit manoir dirait-on, entouré
dun grand grillage noir, sélevant sur plusieurs mètres. Il emprisonnait
toute la demeure, mais non munit dune serrure, était plus impressionnant
que protecteur.
« Personnellement, ça memmerderait bien dhabiter dans un coin pareil
cest
encore plus paumé que la base
» Répliqua John en franchissant le grillage
dentrée.
Septique, Lara se rappela ce que lui avait dit justement son ami à propos de
la base, quand elle y était allée pour la première fois. Un endroit perdu
pour faire ce que lon désire à labri des regards
ce Braik aurait-il
quelque chose à cacher ?
Le jardin, très beau avec des plantes en
fleur, navait pas bougé dun pouce malgré le manque de soins, manquant
depuis plusieurs mois. La couleur des plantes semblait irréelle, comme
virtuelle. Un petit ruisseau, vacillait entre les gros arbres, aux troncs
imposants.
Bien que la demeure semblait abriter une grande richesse, les serrures
étaient dune facilité déconcertante à crocheter, mais cela navait pas été
fait, aucun signe de pillage... Tellement perdue dans la campagne Normande,
personne ne devait connaître lexistence de la maison tout simplement.
Une fois dans le manoir, Lara en prit plein
les yeux. Le château, rempli dobjets dune grande beauté et
merveilleusement décoré, affichait une exposition comme dans un grand musée.
Même le manoir Croft paraissait presque miteux à côté de celui-ci, pourtant
plus petit.
Civilisation grec, asiatique, indienne, pour tous les goûts, laventurière
était vraiment émerveillée.
« Cest vraiment magnifique, cest très soigneusement décoré. »
« Mouais bof
»
« Je viens dencore apprendre quelque chose sur toi mon cher John, en fait
tu nas aucun goût ! »
« Non ce nest pas ça, jai comme une mauvaise impression depuis tout à
lheure, et je ne me sens pas du tout à laise ici. »
« Bon on va se séparer, je vais faire le premier étage et toi le
rez-de-chaussée ! »
Ils allèrent alors chacun de leur côté,
John sempressant de monter les hauts escaliers, disparaissant à létage du
dessus. Son air maussade avait fait pâlir son visage, comme celui dun mort,
mais cela devait juste être ces longues heures de conduite qui devaient
lavoir un peu retourné.
Le rez-de-chaussée comportait un immense salon, la cuisine, ainsi quune
grande salle de repos, avec une télé, un billard et autres activités de
divertissement. Tout dabord, afin de procéder méthodiquement, Lara partit
vers limmense cuisine. Le mobilier, peint dun rose saumon, se couplait
parfaitement avec le marbre dun même rose pale. Les grandes fenêtres
illuminaient la pièce, lui donnant une ambiance éclatante. La vaisselle
dargent reposait paisiblement dans les nombreux placards fixés aux murs. La
cuisine débouchait sans aucune porte vers le salon de réception. Celui-ci
faisait penser à celui du manoir Croft, avec une longue table de bois en
chêne, permettant daccueillir un nombre important dinvités. Etant peu
intéressante, la jeune femme ne sattarda pas plus longtemps dans cette
pièce, et passa à la salle de détente.
Cétait la plus grande pièce du
rez-de-chaussée, toutes les activités étant réparties avec beaucoup
despace. Un papier peint bleu clair saccordait avec une moquette de même
couleur, son épaisseur laissait les chaussures de Lara senfoncer dau moins
deux centimètres.
Un vieux feu de bois reposait dans la cheminée, les cendres éparpillées
autour de lui, couvrant les macabres bûches. Arrivée près de la cheminée,
laventurière observa longuement une statuette posée sur le manteau de
celle-ci. Il sagissait dune danseuse, sur les pointes, en bronze, une très
belle pièce. Elle voulu la prendre dans ses mains, mais la relique refusait
de bouger, certes le bronze est lourd mais pas à ce point. Forçant un peu,
lobjet se tourna vers la droite, et Lara entendit un grognement derrière
elle, il sagissait du billard qui sétait déplacé, laissant apparaître un
escalier secret.
La jeune femme senfonça prudente sous le
bâtiment, le passage se refermant derrière elle. Le fond de lair était
étouffant et humide, les escaliers très glissants, les murs trempés deau.
Il se pouvait que ce passage soit là depuis des années. Il ny avait que de
faibles ampoules accrochées au mur pour éclairer lescalier. Elles étaient
toujours allumées, mais leau entraînait des coupures ponctuelles de
courant, faisant vaciller la lumière, les ombres prenaient des formes
spectrales effrayantes. Lara sortit de son sac à dos sa lampe de poche, afin
dy voir un peu plus clair. Commençant par éclairer le sol, elle se rendit
compte que leau avait une teinte bien rouge, pas du tout naturel. Les murs
étaient également couverts de traînées de sang, Lara neut pas de mal à
reconnaître des traces de mains peintes avec ce même liquide, lendroit
était vraiment lugubre.
Elle finit par déboucher dans un grand
laboratoire. Des morceaux de verres brisés craquèrent sous les semelles
humides de ses boots. De nombreux objets avaient éclaté sur le sol taché de
sang et poussiéreux. Ce décor aurait été plus que parfait pour tourner un
film dhorreur.
Gloup, gloup, des gouttes deau se laissaient tomber dun cadavre étendu sur
une table de bois. Et ce nétait pas le seul, il y avait bien une dizaine de
corps, répandu un peu partout. Des tables avaient été retournées, les
cadavres jonchaient le sol, il y avait du avoir une terrible bagarre ici.
Limmensité et le vide de la pièce entraînait un écho insupportable,
amplifiant le moindre petit son.
Lara se rapprocha, ces corps navaientt pas de peau, ça lui rappela
étrangement le monstre qui avait tenté de la tuer lautre nuit, ainsi que la
femme de lorage. Certains étaient bien plus abîmés que dautres, et avaient
aussi été découpés volontairement afin de les étudier. Sur quelles
recherches morbides M.Braik travaillait-il ?
Des rats dévoraient les restes des
cadavres, qui offraient un garde manger de choix. Dans un coin, un peu plus
loin, Lara remarqua la présence dun bureau. Lui aussi recouvert de
poussière, il ne paraissait pas avoir grand intérêt, sauf peut être la
présence dun livre. Elle lempoigna et souffla sur la couverture, le mot
Journal, y était inscrit. Il sagissait certainement de rapports sur ses
expériences, pensa la jeune femme. Elle louvrit et lu la première phrase
qui lui tomba sous le nez.
« N°4 est mort 13h après sa création, ils vivent de plus en plus longtemps,
je pense que tout dépend de moi en fait... »
Lara tourna plusieurs pages pour arriver à la fin du livre, taché de sang.
Lécriture y était bien plus saccadée, comme si, il sétait empressé
décrire, dénotant un empressant et une excitation soudaine.
« Il est parfait, jai enfin réussit, mais je sens sa haine monter de jour
en jour. N°15 est trop jaloux de la perfection de 16, jaimerais le
détruire, mais je crains déchouer
»
Lara sentit en elle comme une vague de stress, elle fronça les sourcils, une
goutte de sueur dégoulina de son front chaud.
Ne voulant rester plus longtemps dans cet
endroit, laventurière fourra le livre dans son sac à dos, et sempressa de
remonter. Mais avant, une chose familière lui fît tourner la tête et
rebrousser chemin. Elle sapprocha, il sagissait dun socle, ressemblant
étrangement à celui du temple marin
Ce socle, devant contenir dans son
passé un objet, était entouré dune protection en verre, brisée. Laurait-on
volé ? En tout cas la taille et forme du socle avait exactement les mêmes
que celle du temple. Mais Lara tourna les talons, ny prêtant pas attention.
« Non ça ne peut pas être cela ! »
Une fois sorti, le billard reprit sa place
initiale. La jeune femme partit à létage du dessus que John était encore en
train dinspecter au niveau de la salle de bain. Le premier étage
comportait, la chambre, un autre salon avec une bibliothèque, ainsi quune
salle de bain et une salle de cinéma. Lara fit un tour dans le salon,
cétait ici que lon avait retrouvé le cadavre. Quel carnage, il y avait du
sang partout, séché et nettoyé en partie depuis le temps. Des objets
recouvraient le sol, on avait du aussi, se battre ici
« Ah te voilà ! Je te cherche partout depuis tout à lheure, regarde ce que
jai trouvé dans la chambre du vieux ! »
John venait de rejoindre Lara dans le couloir de lescalier, il avait un
livre à la main quil tendit à son amie.
La jeune femme prit alors louvrage et louvrit, elle était de plus en plus
stressée, et tremblotait.
« Tes sûre que ça va ? Tes pales comme un linge ? »
« Euh
oui cest juste que
jai le mal du pays ! »
« Toi tu as le mal du pays ?
tu me prends pour un demeuré ?! »
Elle lut quelques phrases au hasard.
« Cest sur la légende de la création ?! »
« Oui et cest pas le seul, le vieux en possède toute une collection, tu
parles dune coïncidence ! »
« Oui une de plus
» Murmura Lara
« Quoi ? Quest ce que tu as dis ? »
« Rien du tout
il faut en récupérer ! »
« Déjà fait, les plus complets sont dans la jeep, Paul ma téléphoné, le
corps est à la base et on a identifié la dernière victime ! »
« Parfait on peut rentrer alors
! »
« Et toi tu as trouvé quelque chose ? »
« Non nada
»
« Jai lu un peu les bouquins et les premiers pouvoirs qui auraient été
utilisés sont ceux de créer les Océans, la Terre et les végétaux, ensuite
seraient venu les animaux et les hommes, ce sont les principaux
mais jai
pas finis de tout lire
il y a beaucoup de travail ! »
Lara commença à se diriger vers la sortie, et descendit lescalier pour
retourner au rez-de-chaussée.
« Ecoutes ne mélange pas les rôles. Je moccupe de la légende de la création
et toi de lenquête. Tes pauvres neurones vont avoir trop de mal à gérer
toutes ces infos
»
« Toi tu me cacherais pas quelques chose ? Tu mas lair encore plus tendu
que thabitude ?! »
« Ah mais non je te dis que je vais très bien. Je moccupe de ce qui est
dans mes cordes cest tout
»
Cette fois, le jeune homme verrouilla bien
la porte du château, par simple précaution.
« Où va-t-on ? » Demanda Lara
« On part pour Paris, Paul ma donné plein de renseignements sur la victime.
Elle sappelle Trisha Loveline, 26 ans. Elle étudiait les végétaux et
bossait en Amérique du Sud pour le moment, enfin bref, elle a une sur.
Celle-ci habite à Paris, jai son adresse, elle aurait perdu son mari, celui
-ci se serait suicidé et elle a une fille, Caroline, 10 ans. On verra bien
ce quelle nous dira
»
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