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Mens sana in corpore
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Mens sana
in corpore sano,
par Véolio,
le 18 novembre 2005.
Quiconque connaît un tant soit peu l’univers de
Tomb Raider peut se rendre compte que Lara Croft est un personnage vraiment
à part. Il existe des tonnes d’autres héros de jeux vidéos : Sam Fisher,
Mario Bros, Zelda, Duke Nukem... Aucun n’a de véritable point commun avec
Lara. Pourquoi ? Parce que Tomb Raider est un jeu dont la substance est
beaucoup plus profonde qu’il n’y paraît de prime abord.
Les ‘fans’ ou ‘Tomb Raider-maniaques’ ayant joué aux jeux vidéos et vu les
films ont tous forcément à un moment ou à un autre pris conscience qu’il
existe quelque chose au-delà de cette très belle héroïne, de ses prouesses
physiques, des décors stupéfiants dans lesquels le joueur est entraîné et
des aventures palpitantes qu’elle vit.
’Tomb Raider‘ est beaucoup plus que tout cela. C’est un état d’esprit.
Lara Croft n’est pas une héroïne anodine. Au cours des jeux, ont peut la
voir parler (trop peu, il est vrai) et agir. Les films possèdent l’avantage
de présenter une Lara Croft peut-être plus vivante et réaliste.
Au fil de ces œuvres, une personnalité se dessine. Certes, Lara est une «
gentille », au sens de ceux qu’on peut trouver dans les films de Walt
Disney, par exemple. Mais ce qui fait justement son intérêt, c’est que ses
créateurs ont eu le bon goût d’étoffer sa personnalité afin de la rendre
plus réaliste qu’une simple héroïne de fiction.
Premièrement, Lara Croft est une jeune femme profondément cultivée. A
l’heure où l’on sent dans la société comme une sorte de grand vide, où des
personnalités comme Jacqueline de Romilly ou Christiane Desroches-Noblecourt
déplorent la raréfaction voire même l’abandon de l’étude des langues mortes
dans l’enseignement secondaire , à l’heure où l’éducation nationale connaît
une crise indéniable et où la recherche tire la langue, Lara Croft, toute
virtuelle qu’elle soit, fait figure d’exception et d’oiseau rare dans un
paysage culturel et audiovisuel français où la culture se résume pour
beaucoup d’enfants et d’adolescents à la Star Academy.
Mieux encore. Lara Croft ne se contente pas d’être une personne
intellectuellement brillante. Il suffit de jouer quelques instants au jeu ou
de regarder les films pour se rendre compte que c’est également une athlète
accomplie. Qui illustre mieux que Lara Croft l’adage romain Mens sana in
corpore sano ?
Enfin, et conséquence probable du premier point, Lara Croft est un
personnage extrêmement mature malgré son jeune âge. On sent bien qu’elle a
quelques valeurs, dont au moins celle qui consiste à placer la vie d’un
homme au-dessus de toute chose (sauf quand elle n’a pas d’autres choix, ce
qui est souvent le cas, il faut bien se défendre). Sans pour autant tenter
d’imposer ses principes à autrui ou se faire la porte-parole d’une religion
ou d’une idéologie, Lara Croft est tout simplement une humaniste, comme le
serait n’importe quelle personne qui a consacré sa vie à l’étude de
l’histoire des hommes, de leur milieu, de leurs réalisations, des
civilisations qu’ils ont construites et des valeurs qui les ont fondées.
Ajoutons à cela de nombreuses autres qualités, comme le sang-froid,
l’humour, le sens de la répartie, le pragmatisme… et la liste s’étire à
l’infini suivant les situations.
Voilà l’important, la substance que peuvent tirer les jeunes du jeu vidéo
Tomb Raider et du personnage qu’il met en scène.
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