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Quand Lara rencontre Kurtis, par Andromaque, le 10 janvier 2005. Début | Chapitre précédent | Chapitre suivant Chapitre 7 Lassaut de la bête avait été fulgurant et
dirigé vers sa victime avec une précision redoutable. Une traction vive sur
la cheville droite de Lara lui avait fait perdre léquilibre, ainsi que la
machette quelle avait empruntée à Kurtis. Elle était parvenue cependant à
agripper fermement un des arceaux de racines aériennes au moyen dun bras,
et avait lutté de toutes ses forces afin de récupérer larme dont la lame
avait été se ficher dans lécorce épaisse à quelques pouces au-dessus de sa
tête. A linstant où ses doigts avaient pu en saisir le manche, un deuxième
étau sétait également refermé sur son cou. Dans le prolongement du
tentacule, une bouche circulaire hérissée de trois rangées de dents acérées
ondulait devant les yeux de la jeune femme. Le visage cramoisi, au bord de
la suffocation, elle avait fendu lair de la lame dans un suprême effort et
tranché la gueule visqueuse qui sapprêtait à la happer. Le membre blessé
était devenu aussitôt inerte, et lanneau autour de la jambe sétait faite
lâche avant de rejoindre sous les flots la tête qui venait de sombrer. Grimé de la tête aux pieds et tapi dans
lombre de la végétation, Kurtis sétait fondu parmi le décor lacustre
attendant patiemment que la bête se manifestât. Lors de la première
apparition, il avait été sur le point de se décider à venir à la rescousse
de sa compagne, lorsquau dernier moment, il avait pris le risque de
sabstenir voyant quelle paraissait à même de pouvoir se tirer daffaire
seule. Il sen était même félicité dans les minutes qui suivirent et qui lui
avaient offert une bien meilleure opportunité, car toujours à son poste, il
avait pu ainsi voir ressurgir la créature sans méfiance et profiter de son
accès de curiosité momentané pour cribler de flèches ce qui se révéla être
son point vulnérable. Cependant, Kurtis pestait. Le carquois vide, la bête
navait toujours pas succombé et avait entamé sa retraite, emportant la
jeune femme dans son immersion. Il ne lui restait plus quune solution. Sans
perdre une seconde, avec tout le sang froid dont il disposait, il avait armé
son arbalète avec le harpon auquel il avait relié le filin de son grappin et
avait visé une ultime fois la membrane rose et molle avant quelle ne
disparût entièrement sous la surface. Puis se saisissant de lautre
extrémité de la corde, il avait couru le plus rapidement quil avait pu vers
les arceaux de bois en bordure du lac afin dy fixer le grappin. Il les
avait presque atteints lorsque la trop forte pression exercée sur le filin
par la bête fugitive lavait empêché de conclure lopération. A peine avait-il franchi larche, quil avait pu constater aussitôt par lui-même que celle-ci semblait faire office décran à lélément aqueux vers une zone où régnait de lair similaire à la surface, à la différence près que cet air-ci était dune froideur extrêmement agressive, lui blessant ses poumons qui la réclamaient cependant ardemment. Kurtis tenta déprouver la texture de linterface quils venaient de franchir, mais le passage se révéla être à sens unique. Il ne leur était plus possible de faire marche arrière. Les murs de la salle, pareille à un vaste
hall circulaire, étaient entièrement recouverts dune glace épaisse et
translucide, et les colonnes qui semblaient soutenir une toiture céleste et
invisible étaient richement sculptées dans la glace également, figurant
trois guerriers titanesques armés dépées monumentales. Ces êtres, revêtus
darmures sublimes, avaient des allures anthropomorphes, si lon prenait
néanmoins la peine de négliger leurs quatre pairs de bras puissants et leurs
visages dissimulés derrière de heaumes magnifiques. Une aura bleutée
baignait la pièce conférant au lieu laspect dun sanctuaire paisible et
peut-être jusque là, inviolé. Une porte scellait lenceinte et présentait
deux couloirs de part et dautre. Le premier émettait une lueur violette,
tandis que le deuxième des lueurs rougeoyantes. Ce dernier doù irradiait
une chaleur doucereuse leur avait paru plus avenant et ils sy étaient
engagés. Kurtis était parti explorer les habitations
une à une afin de tenter dy dénicher un quelconque indice pour la poursuite
de leur périple ou à défaut, du matériau pour se reconstituer une réserve de
flèches artisanales qui lui faisaient cruellement défaut au vu de son
arsenal plus que réduit. La lumière violette provenait dune colonie de champignons phosphorescents recouvrant presque lentièreté des parois de la grotte. Cette dernière avait vraisemblablement servi de lieu de culte à lancienne peuplade qui avait jadis habité les lieux voisins. Sur un large plateau circulaire trônait ce qui avait dû servir autrefois à un autel sacrificatoire. Des petits tas dossements épars gisaient ça et là aux alentours et quatre crânes indubitablement humains en émergeaient indiquant clairement la funeste fonction du monument. Tout autour de la plateforme rayonnaient de petits monticules de pierres couronnés durnes en céramique peinte. Quelques unes étaient brisées et laissaient apparaître leurs contenus : ornements et objets qui avaient dû probablement appartenir aux défunts qui reposaient là. Un peu en retrait se situait une colonne de pierre, similaire à un totem haut de douze pieds et représentant une pile de têtes animales étranges garnie à larrière de trois pattes de métal. Les membres semblaient amovibles et Lara en activa un. Lune des têtes opéra un quart de tour latéral. Attentive à tout événement que cette action pouvait être susceptible dengendrer, elle observa patiemment tout ce qui lentourait durant quelques minutes, mais le levier ne semblait avoir produit aucun autre effet. Le second qui fit glisser une autre tête nen eut pas davantage, ce qui amena la jeune femme à penser que le temps en avait peut-être enrayé le mécanisme. Mais sa présomption fut rapidement balayée lorsque le troisième levier provoqua en sus une bruyante avalanche de mugissements provenant du couloir qui lavait menée vers les lieux. Lara sy était précipitée aussitôt pour constater que des murs du couloir, sétaient dressés une multitude de piliers hérissés de pieux surgissant tantôt du plafond, tantôt du sol et des murs, alternant à un rythme effréné. Elle retourna vers le totem afin deffectuer lopération inverse, mais la manipulation ne stoppa aucunement la sarabande mortelle qui lavait manifestement piégée dans ce sanctuaire au passé sanglant. Kurtis avait exploré les anfractuosités naturelles de la caverne qui avaient été converties en demeures. Elles étaient pour la plupart vides ou contenaient de petites poteries de factures irrégulières qui ne pouvaient lui être daucune utilité. Ce fut dans la dernière, située à proximité de la rivière quil fit lheureuse découverte dune palette de hameçons de métal suspendus sur un vieux panneau de bois. La chaleur avoisinante avait conservé lintégrité des petits objets, mais le bois pourri et sec du panneau sétait effrité à son contact. Kurtis avait ramassé les hameçons puis était sorti pour sapercevoir, stupéfait, que la lave quil avait vue couler un instant plus tôt avant son entrée dans la demeure du pêcheur, avait fait soudain place à de leau. Il sétait mis alors à la recherche de sa compagne qui lavait quitté depuis un moment quil jugea anormalement long. Lorsquil eut atteint le milieu du couloir menant au grand hall, un vacarme assourdissant et continu avait rompu le silence qui y avait régné jusque là. « Les têtes effectuaient des quarts de tours, ce qui constituait soixante-quatre combinaisons et lune dentre elles devait certainement servir à stopper ce quelle avait enclenché » avait rapidement déduit Lara. Elle sétait saisie dun caillou afin de graver des repères, puis sétait attelée à les composer toutes, une à une scrupuleusement. Kurtis avait découvert avec effroi lorigine du chamboulement dont il suspectait sa compagne den être lauteur. Il tentait dapercevoir cette dernière par-delà les faisceaux de dangereux pics qui se dressaient par intermittence dans le couloir où elle semblait avoir disparu, quand soudain, une ombre menaçante sétait abattue sur lui. Le grondement du mécanisme avait couvert les bruits de craquements et de crissements qui étaient nés derrière lhomme à son insu. Cependant les violentes vibrations arythmiques du sol qui avaient suivi avaient alerté celui-ci et lui avaient permis desquiver le coup meurtrier qui lui avait été destiné. Il avait plongé sur le sol et effectué une roulade pour faire face à son agresseur et il avait été stupéfait de découvrir que lune des statues de glace géantes sétait soudain animée et avait quitté sa place afin de le pourchasser. Kurtis avait tenté de riposter au moyen de sa machette, mais cela navait eu que pour seul effet dentailler la chair de glace de son adversaire qui se cicatrisait presque instantanément. Le guerrier de givre aux huit bras, armé de son épée de même nature enchaînait les coups avec une vitesse foudroyante qui noffrait plus à lhomme qu'une retraite vers le village souterrain. Kurtis avait tenté de chercher refuge dans
lune des cavités quil avait visitées plus tôt, mais le géant avait brisé
avec la plus grande aisance la fine paroi qui labritait, anéantissant ce
quil avait estimé être son unique chance de lui échapper. Au bout dune
dizaine de minutes de courses incessantes aux quatre coins de la grotte,
Kurtis sétait vu finalement acculé sur la rive du torrent. Etendu de tout
son long, désarmé, ne voyant dautre issue que de le franchir ou bien de
succomber sous la lame du colosse prêt à frapper une ultime fois, lhomme
avait rampé le plus près possible du courant, sétait laissé glisser le long
du bord et sy était maintenu agrippé, hésitant néanmoins à y plonger, ce
qui savérait pourtant être son seul salut. « Une seconde de plus, et il était cuit » se dit Kurtis qui avait projeté de plonger dans leau dans un dernier recours. Et cétait peu de le dire, mais il avait eu chaud également, tandis quil s'était hissé sur la rive, le front en nage et les pieds presque en feu. Dès quil eut récupéré sa machette, il sétait précipité vers le hall de glace afin dy apaiser les brûlures que le flot de braises lui avait infligées sur les jambes. Cest alors quil saperçut que le premier couloir était à nouveau accessible. Il scruta tout dabord un signe de vie de sa compagne à lentrée avant de se résoudre à sy engager avec la plus grande prudence. Lara en était à sa trente-septième
combinaison, lorsque enfin, le mécanisme diabolique daigna mettre un terme à
son ballet meurtrier. Elle en prit rapidement note dans son carnet, avant de
se mettre à la recherche de Trent pour lui en faire part, mais elle vit que
ce dernier lavait devancée, marchant à sa rencontre, boitillant, la vareuse
poussiéreuse et dont il sembla quune poche venait davoir été arrachée. Lara avait examiné les ossements humains à côté de lautel et au moyen de son dateur couplé au mini-compteur Geiger emprunté à Trent, elle était parvenue à les dater approximativement. Le dispositif lié aux leviers de la salle aux sépultures ne pouvait nullement être luvre dhommes primitifs. Soit les derniers occupants nen étaient pas, soit il leur était antérieur, ce qui apparaissait dun étrange anachronisme dans ce lieu confiné où ne demeurait plus âme qui vive depuis une bonne centaine dannées. Après avoir taillé quelques blocs de glace dans la salle où régnait toujours le froid polaire qui avait accueilli le couple la veille, la jeune femme les avait transportés vers le village rupestre où elle avait conduit son compagnon. Ce dernier était toujours inconscient et victime dune forte fièvre, bien quelle eût soigné et pansé sa blessure dont lorigine lui était encore mystérieuse, tout autant que la disparition dune des trois statues. Il délirait à présent, émettant des bribes de phrases incohérentes. La glace fondait relativement vite à proximité de la source de chaleur que constituait la rivière de lave. Les petits pots et creusets de terre cuite quelle avait dénichés dans les cavernes et quelle avait destinés à en recueillir leau commençaient à déborder. Lara les remplaça par dautres, avant de sen retourner, munie cette fois dune torche, vers la salle où demeurait toujours la porte close. Celle-ci avait été aussi sculptée dans une glace épaisse. Aucune serrure ou autre éventuel mécanisme manuel ne semblaient pouvoir lactiver, mais en lobservant de très près, Lara remarqua que lintérieur était nervuré dentrelacs de conduits multiples. « A quoi pouvaient-ils bien servir ? » se demandait-elle, lorsque lécho de son nom avait retenti soudain jusquà elle. Trent venait de se réveiller. La fièvre de Kurtis venait enfin de tomber. Il eut quelques difficultés à rassembler ses souvenirs, mais une petite douleur encore persistante à sa poitrine lui avait rappelé aussitôt lincident désagréable de la veille. Il avait extrêmement soif. « - Tenez » fit Lara en lui tendant une
gourde emplie. Elle attendit quil se fut désaltéré pour poursuivre. «
Pourriez-vous me dire quest-ce qui vous a mis dans un pareil état ? » Il avait fabriqué une perche quil estima
suffisamment longue pour lopération voulue, puis lavait prolongée dun de
ses chargeurs vides où il avait déposé les hameçons de métal. Il versa toute
leau dont ils disposaient sur la canne de bois avant de lavancer vers le
liquide en fusion pour y plonger le chargeur. Quelques secondes avaient
suffi pour porter les métaux à incandescence, propre à les malléabiliser.
La machine infernale avait recommencé sa symphonie barbare à la cadence de ses instruments mortels, tandis que leau avait à nouveau afflué dans le lit de cendre. Son passage en fut ainsi plus quaisé pour la jeune femme qui, grâce au cordage arrimé sur les deux rives, lavait franchi en moins de cinq minutes. Il sagissait dune nouvelle salle comme elle lavait supposé. Son sol était creusé de trois larges canaux parallèles et à son hauteur, deux orifices étaient apparents mais ils ne leur faisaient pas du tout face. Près du mur du fond, deux leviers en étaient les uniques ornements. Le premier eut pour effet de faire apparaître trois canaux transversaux aux premiers et le second avait activé la plaque tournante où étaient rivés à présent les six canaux. Lara était parvenue à lorienter de telle manière à faire concorder les orifices avec deux des canaux extérieurs. Satisfaite de cette manipulation qui ne lui avait pris que quelques secondes, elle avait entrepris son retour dans la salle aux cavernes. Cependant elle eut la désagréable surprise dy découvrir que son geste avait eut également pour effet de tirer de leurs sommeils séculaires les deux autres colosses de glace qui lui barraient à présent le passage qui menait au couloir. Vive comme léclair, Lara avait foncé tout droit et piqué un sprint vers ce dernier. Les géants sétaient retournés aussi vite que leur permettaient leurs masses imposantes et sétaient violemment heurtés, ce qui les avait fait choir. Mais cela navait nullement suffi à les mettre hors détat de nuire car ils sétaient relevés aussitôt pour poursuivre leur tâche. Lara avait presque atteint le hall lorsquelle vit quelle y était attendue également par le troisième colosse qui semblait avoir ressuscité, mais auquel curieusement, il manquait la tête. Elle avait tenté de le cribler de balles, mais celles-ci navaient visiblement aucun effet sur lui. Lara courait et bondissait autour de lui pour le frapper sur ses flancs, le déstabilisant quelque fois, mais le géant de glace perpétuait sa traque avec acharnement jusquà ce que subitement, il avait suspendu ses gestes et paradoxalement sétait rué vers ses deux congénères qui venaient de les rejoindre. Elle ne connaissait pas la raison qui lui avait fait perdre la tête, mais par bonheur, son revirement lui fut dun grand secours. « Pourvu quil tienne encore quelques minutes » pria Lara, tout en vérifiant le chronomètre de sa montre. « Lara Croft avait une écriture de pattes
de mouche, quoiquil admettait quil était tout de même très mal aisé
décrire convenablement par le froid qui régnait dans la salle de
sépultures
Encore trois minutes, et il devait arrêter le mécanisme » pensa
Kurtis. Tandis quil attendait le moment convenu, il sétait promené parmi
les rangées de tombes, et lune delle, plus petite, avait attiré son
attention. Lurne brisée qui la surmontait laissait entrevoir un petit jouet
divoire. Celui dun enfant probablement. Il sétait penché pour le
ramasser, lorsque tout à coup, les pierres du champ de tombeaux avoisinants
avaient commencé à sagiter dune façon inquiétante. Les pierres sétaient mise à flotter dans les airs, mues par une force obscure, puis sétaient amassées en une nuée unique tourbillonnante et menaçante dont la seule existence semblait nêtre destinée quà châtier linsolent qui avait osé violer leur sanctuaire. En tous cas, ce nétait pas Kurtis qui allait infirmer cette dernière hypothèse, car il en était désormais devenu la cible, et avait entamé une course folle à travers le cimetière afin déchapper à la lapidation dont il faisait l'objet. Dans sa fuite aveugle, il avait trébuché sur lune des urnes qui sétait brisée sur son passage. Cest alors quun lot de pierres volantes sétait désolidarisé du groupe et était retombé sur le sol au même instant comme si elles avaient été vidées de lénergie qui les avait animées plus tôt pour recouvrir leur état de vulgaires pierres. Kurtis navait guère mis longtemps pour faire le rapprochement. Lénergie du désespoir avait transformé sa douleur physique en fureur, et au moyen de sa machette, il sétait aussitôt mis à fendre tous les pots quil trouvait sur son chemin, jusquau dernier. Il était écorché de la tête aux pieds, mais il était finalement parvenu à stopper son supplice. « Si Trent avait bien suivi ses indications à la lettre, ils allaient bientôt pouvoir franchir la porte ». Lara avait eu le temps de voir avec joie le liquide de feu commencer sacheminer dans les nervures de cette dernière, mais sa réjouissance avait été de courte durée, car comme elle le craignait, la statue étêtée avait rapidement succombé face à ses deux adversaires et il nen subsistait à présent que des débris éparpillés un peu partout dans la salle. Néanmoins cet allié providentiel qui sétait retourné contre ses propres acolytes avait réussi à leur occasionner de lourds dégâts, à tel point quà lun des deux, les bras en étaient littéralement tombés. Kurtis venait de la rejoindre, et encore une fois, il avait lair davoir bataillé contre un régiment. Mais lheure nétait pas aux explications. La jeune femme était aux prises avec les deux autres colosses qui, tout comme celui auquel Kurtis avait été confronté la veille, avaient vraisemblablement la tâche similaire dexterminer toute intrusion. Le premier des deux gardiens, devenu manchot, tentait de la piétiner, tandis que le second sétait tourné subitement vers le nouvel arrivant, et marchait à présent dun pas déterminé vers lui, lépée dressée, prête à frapper. Dès que Kurtis avait fait son apparition dans la salle, il avait entendu sa compagne hurler à plusieurs reprises « La porte ! », en lui indiquant quelque chose sur sa gauche. Il avait remarqué les veines rougeoyantes qui parcouraient le portail de glace, quil avait cru jusque là inexpugnable. Il y avait planté sa machette de toutes ses forces mais son arme sétait fichée superficiellement, nentamant pour le moins du monde la couche de glace qui était encore trop épaisse à sa hauteur et qui navait pas encore été visitée par le liquide brûlant. Il tentait den extraire sa lame lorsquune idée quil avait jugée brillante sur le coup avait traversé son esprit, car sa mise à exécution était des plus périlleuses. Après avoir récupéré son arme, lhomme sétait maintenu immobile devant la porte, attendant que le guerrier de glace qui venait à lui assénât son coup meurtrier avant de plonger à la dernière seconde sous ses pieds pour le faire basculer contre le rempart. Lépée du colosse avait fendu la partie supérieure du portail fragilisé par le liquide bouillonnant qui le traversait, et son corps propulsé contre la paroi avait parachevé le travail afin de libérer la lave qui se déversa sur lui, telle une pluie ardente qui le consumait progressivement alors quil tentait de se redresser. La voie était libre. Lara avait abandonné la lutte contre son adversaire estropié pour se précipiter vers louverture, et sans lombre dune hésitation, elle avait franchi le portail entre deux crachins de lave. Début |
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