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Création ingrate (14) |
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Création ingrate, chapitre
14, par Eleo, le 15
mars 2006.
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Chapitre 14
De légers bruits symboles de claquements
furtifs de talons se rapprochèrent dans le long couloir. Ces bruits nétant
pas réguliers, on ressentait facilement la petite hésitation de la personne
approchant.
Seul dans la chambre, il attendait depuis longtemps ce son qui le fit
légèrement sourire. Les fins rideaux du lit à baldaquin vacillaient
doucement au contact du vent réussissant à se faufiler dans lentre
bâillement de la fenêtre. La chambre paraissait avoir été décorée avec pour
model les anciens châteaux royaux, sous la dominance de la couleur rouge et
or. Le grand lit pouvait y laisser coucher deux personnes, et son épaisse
couverture de velours rouge foncé possédait des contours brodés avec du fil
doré. La moquette très épaisse laissait les chaussures sy enfoncer
profondément, et gardait la douce chaleur qui dansait dans la pièce. De gros
cadres accrochés au mur bordaient des peintures de paysages, en particulier
des lacs et plages permettant de sévader au bord de leau.
Son regard se plongea dans les tableaux, il
avait limpression de sentir la délicate odeur de leau, et les caresses de
la brise marine effleurer ses joues giflées.
La porte derrière lui souvrit dans un léger grincement avant de se refermer
avec un clic timide, la jeune femme entra.
« Je nai pas réussi à retrouver Tokko, elle est introuvable. Mais elle
aurait été aperçue pour la dernière fois à New York. Plusieurs civiles sont
morts à cause de sa folie. »
« Cest problématique. Cette petite peste ne mattire que des ennuis ! Je
naurais pas dû técouter et la supprimer comme jen convenais. »
« Je suis désolée
»
« Peux mimporte tes insignifiantes excuses. Je tai juste demandé de la
retrouver. Que sais-tu sur les événements de New York ? »
« Jai pu récupérer plusieurs rapports, notamment de qui tu sais. Il a
confié laffaire à John
»
« Ai-je
bien compris ? »
Gênée, elle baissa la tête, affichant également une honte effrayée par
lattente de la colère de son maître. Elle se serra dans ses bras, comme
pour se protéger dune éventuelle brutalité.
« Hélas
»
Il fit volte-face, subitement sa nervosité venait de prendre le dessus, la
situation exposée ne lui plaisait que très moyennement, au point de faire
sursauter la créature qui resserra ses bras.
« Je lui avais pourtant ordonné déviter ce genre derreurs enfantines ! Il
est encore trop tôt pour confronter mon petit frère à ce genre de situation.
Enfin bref, comment se porte-il ? »
« Tu poses de ces questions
»
« Je minquiète pour la santé de ma famille, cest normale non ? »
« Ta famille
? »
« Donc ? » Insista-t-il en renforçant le ton
Il ne valait mieux pas trop jeter dhuile sur le feu déjà bien engagé. Elle
avait manqué à son devoir, et en était parfaitement consciente. Pourtant
elle se refusait à recevoir une quelconque morale méprisante, doù son
attitude hautaine avec laquelle elle essayait de dissimuler son manque
dassurance. Elle se redressa alors, se tenant droite, sefforçant de ne pas
regarder son maître dans les yeux.
« Il a été transféré durgence à lhôpital, daprès quelques témoins, il
navait strictement aucune chance de sen sortir. Notre Tokko ne la pas
raté on dirait. »
« Comme cest triste. Et Mademoiselle Lady Croft ? Tu ne mas encore rien
dit à son sujet. »
Son estomac se compressant, ladrénaline fit alors monter le stress, cela se
ressentit dans sa voix devant subitement très basse et tremblante. Elle
avait presque espéré que le nom « Croft » ne vienne pas dans la
conversation, même si cela semblait évident.
« Cest elle qui a trouvé John, elle attend à lhôpital. »
Il stoppa, comme si les muscles de ses jambes avaient subitement cessé de
répondre au moindre ordre de son esprit. De dos il ne tourna que légèrement
la tête, encadrée par sa longue chevelure noire il présenta un visage plein
de mépris et dinsatisfaction. A petits pas il sapprocha de la jeune femme.
Lassurance de celle-ci sévaporait alors au fur et à mesure que la distance
qui la séparait de son maître raccourcissait. Il posa alors son index et
majeur sous son menton de la créature tremblante, lui redressant la tête
afin que leur regard soit à la même hauteur. Ce sourire, ce sourire fourbe
prit alors ses lèvres, ce sourire toujours signe de mauvais présage, la
jeune femme eu alors peur, il lui transmettait la peur afin de len faire
trembler pour afficher son infériorité.
« Je croyais quils sétaient disputés ?! Tu ne me dis pas tout dis, ma
tendre
Aya
»
« Leur amitié est tenace
ils
ils ne se séparent pas facilement. »
Leurs visages se rapprochèrent, la peur de
Aya ne fit quaugmenter en sentant la chevelure de Quinze caresser ses
épaules et son coup comme pour létrangler. Lodeur du sang vint enter dans
ses poumons, le liquide sécouler du visage de son maître comme un mince
filet de pluie.
« Je vois ça, tu me déçois une fois de plus. »
« Je
»
Il la lâcha alors en reculant violemment. Frappant lair et fracassant un
vase qui sémietta sur la moquette dans un fracas surprenant. La colère
déformait les traits de son beau visage, il avait en quelques secondes
changé totalement dattitude.
« Ne me dis pas que tu es désolée. Tu mécures ! Cette Croft vous attendrit
tous, je vais remédier à cela ! »
« Que dois-je faire? » Demanda Aya dune petite voix enfantine
« Trouves Tokko ! Je ne puis contrôler son esprit en raison de la rébellion
de son jeune âge, alors à toi de trouver les mots qui conviennent. En
attendant, je vais donner la vie à un nouvel allié, une nouvelle poupée,
spécialement née pour tuer Croft
»
Aya se pencha doucement en avant en signe de salut et de respect. Elle
quitta de suite la pièce, angoissée et poussée par la panique. Une fois la
porte refermée, elle soupira comme si elle avait retenue sa respiration
durant toute la conversation. Il était des plus faciles pour Quinze de
contrôler ses sentiments et lui infliger des peurs, comme il avait pu le
faire pour Croft en Amérique du Sud, en ayant récupéré ce pouvoir sur Linda
Bumn
Elle se mit alors également en colère, tout
ça sétait la faute de Lara, elle ne faisait que provoquer la haine de son
maître et dévier les ambitions de John. Pourtant, contrairement à Quinze, et
sans savoir quelle en était la raison, Aya ressentait comme de lamitié pour
cette femme. Cette femme qui fut la première, à la regarder, comme si elle
était, un véritable être humain.
Sa colère venait de le pousser à bout. Il naimait pas voir les événements
le dépasser, la situation glissait entre ses doigts, et cela ne faisait
quintensifier sa haine. En ouvrant rapidement les portes-fenêtres, il
sortit sur le balcon. Le vent prit alors de suite sa chevelure, la fraîcheur
du fond de lair pénétra ses poumons ardents, semblant vouloir éclater à
chacune de ses inspirations. Son long manteau noir plana derrière lui dans
un bruit distinct.
Se penchant à la balustrade en serrant le fer de ses mains, le métal sans
retrouva déformé par la force de la créature. Des petites goûtes de sang
tombèrent sur les gants de cuirs avant de glisser en bas de la rue pour
séclater au sol. Une large plaie encore à vif transperçait en deux le
visage de Quinze du haut de son il gauche jusquà la droite de son menton.
Le fait davoir crispé tous les muscles de son visage avait provoqué le
saignement de la plaie.
Il se redressa alors, pencha la tête en arrière en riant, un rire cynique et
machiavélique.
« Il est futile de sénerver de la sorte, ce nest quun simple petit
soucis, cela va bien vite sarranger. »
Croisant les bras, son regard se promena au hasard sur la ruelle de létage
du dessous. Lactivité y était importante, beaucoup de voitures et de
piétons circulaient à vive allure. Ils étaient petits, si petits, tellement
insignifiants, cette population de misérables ne devait que prier pour la
rédemption, avant de disparaître dans le néant. Ses yeux partir vers
lhorizon, bien plus loin que tout et ce sourire revint hanter ses lèvres.
« Ma très chère Lara
je vais tarracher les plumes une par une et te broyer
les ailes de mes mains surpuissantes
! »
Les couloirs étaient dun blanc cassé aveuglant du sol jusquau plafond en
passant par les murs. Le comptoir daccueil se fondait dans cette même
couleur, il ny avait encore personne derrière lui, de toute manière il ny
avait aucun signe de vie dans cet hôpital, tout était blanc, comme la mort.
La pendule affichait 6h du matin, le TIC
TAC était insupportable, cétait le seul son qui résonnait dans tout le
couloir vide de vie. On pouvait aller nimporte où, ce TIC TAC continuait
dêtre aux oreilles, comme si lhorloge fonctionnait directement dans la
tête.
Des bancs de bois permettaient aux nombreuses personnes attendant de pouvoir
sasseoir le long des murs, combien de personnes avaient du pleurer sur ces
bancs la perte dun être cher ? Lara, elle, refusait de sasseoir sur ces
bancs glacés et ne tenait pas en place, faisant les cent pas dans le
couloir. Elle devait déjà avoir du parcourir plusieurs kilomètres à vive
allure, et sentait ses jambes courbaturées étirer ses muscles à chaud. Toute
la nuit elle navait cessé de marcher, et de faire des demis tours, on
aurait pu penser, avec humour, que le sol se serait creusé avec lusure.
Elle ne pouvait y croire et renonçait dessayer de tirer des conclusions
douloureuses. Transpercé de la sorte, John ne pouvait que mourir. Lépée
lavait presque coupé en deux, elle avait vu le sang se répandre autour de
lui, le flux de la mort sécoulant de sa plaie affolante. Il avait été tout
de suite emmené en ambulance, plongé dans un profond coma. Mais
laventurière ne pu en savoir plus, elle pensait certainement que
lopération avait du durer toute la nuit, mais même cela aurait du être
impossible car John aurait du mourir avant même darriver à lhôpital. Elle
aura donc vu pour la dernière fois son ami, ainsi, en train de mourir ? Non
pas comme ça, ce nétait pas concevable
Un bruit de talons sapprochant percuta ses
oreilles attentives au moindre bruit. La jeune femme se retourna et reconnu
de suite le médecin qui soccupait de John. Immédiatement elle tenta de
déchiffrer les mots de son visage, mais celui-ci manquait dexpression, il
ny avait rien à lire, ce manque de sentiment la fit paniquer. Elle bondit
presque sur lui, agrippant sa blouse blanche avec fermeté et colère, sous la
surprise du médecin qui eu presque peur de se faire frapper, elle recula
dans une position de défense instinctive. Les mains de laventurière
tremblaient rageusement, elle aurait pu décharger sa haine sur nimporte
quoi, et fracasser le béton de son corps déchaîné. Prise alors dune grande
culpabilité, la jeune femme se sentit honteuse.
« Tout ceci sest produit par ma faute. Jaurais du écouter comme pour
toujours mon instinct et tirer directement
quelle sotte je fais docteur. »
Laventurière serrait la blouse du médecin, quelle faillit même déchirer
par la force de ses mains. Elle tremblait de tous ses membres, les images
des événements passés lui broyant les jambes.
Le médecin haussa les épaules en levant les yeux au ciel, et lui prit les
mains afin quavec douceur il puisse détacher les doigts hargneux de
larchéologue de ses vêtements déjà froissés.
« Mort
? Qui croyez vous mort
?! »
Lara releva alors la tête, ses yeux brillaient comme des billes au Soleil.
Le docteur nen revenait pas de voir une femme avec un visage rempli
dautant dexpression. De la tristesse, de la haine, de la culpabilité, et
surtout une immense fatigue qui lui fit presque pitié.
« Allons, garder votre colère pour un autre jour, il va parfaitement sen
tirer. Dailleurs si vous voulez, vous pouvez même aller le voir tout de
suite, cest la chambre 133. »
Cétait impossible. Toute la nuit elle
navait cessé de rêver dentendre au lendemain ces mots qui ne pouvaient
être dis, et pourtant elle venait bien de les entendre. Elle ne pu cacher sa
joie et son excitation, même la fatigue et lextrême douleur de ses jambes
ne lui faisait plus deffet et elle couru à fond vers la chambre au numéro
indiqué. On aurait dit quun Pur Sang venait dêtre lancé dans les couloirs
tellement le claquement des bottes résonnait fort. Lara sauta dans
lascenseur, et appuya plusieurs fois sur le bouton qui permettait de monter
à létage spécifique. Quil pouvait être long cet ascenseur, sérieusement la
jeune femme navait jamais eu limpression que le temps passait si
lentement. Elle piétinait dans la cage comme pour garder la chaleur de son
corps durant un footing en pleine hiver.
Les portes navaient même pas finit de
souvrir quelle courait déjà dans le couloir à la recherche de la bonne
chambre.
Enfin elle la vit, la chambre 133, son cur battant à toute allure, semblait
prêt à éclater dans sa poitrine. Laventurière bondit avec fracas dans la
pièce.
Son ami était bien vivant, assit sur son lit, torse nu, entouré de grosses
bandes du torse jusquau bas ventre. Il sursauta même par le bruit intense
quavait déclanché Lara en pénétrant dans sa chambre, ouvrant de grands yeux
effarés.
Laventurière reprit son souffle, portant une main à sa poitrine, tout en
fermant les yeux pour accompagner un soupir de soulagement et de
décontraction. Elle sapprocha alors du lit, dun pas rapide et nerveux.
« Je croyais que tu allais mourir. Jai eu tellement peur. Tu nas pas
intérêt à me refaire une comédie pareille ! Idiot, idiot, idiot va ! »
Le jeune homme fronça les sourcils, tout en dissimulant un petit sourire
amusé.
« Une comédie ? Jai frôlé la mort, et je me fais quand même insulter ?! Ô
moins ça me rassure de constater que toi, tu es en pleine forme. »
La jeune femme sassit alors à ses côtés, ils se sourirent, heureux de
pouvoir de nouveau se voir comme autre fois. La porte souvrit de nouveau,
plus doucement cette fois sans venir séclater contre le mur, et le médecin
pénétra dans la pièce, un carnet à la main qui devait certainement
récapituler les interventions que John avait subit.
« Vous navez même pas frôler là mort. La blessure nétait pas profonde,
cétait assez superficiel. Vous allez même pouvoir sortir aujourdhui. »
Surprise par ces dires qui ne confirmaient nullement les souvenirs morbides
de larchéologue, celle-ci montra brutalement John du doigt en se levant
brutalement du lit.
« Mais lépée que tenait cette détraquée aurait pu décapiter un mammouth, et
vous allez me faire croire que ce nabot a juste eu une blessure
superficielle ? »
« Qui tu traites de nabot ?» Ronchonna John en croisant les bras
« Les accidents paraissent souvent démesurés dans la panique Miss Croft.
Vous aviez du mal juger sa blessure dans votre peur. »
Le docteur rebroussa alors chemin, conscient quil avait dautres patients à
soccuper.
« Bon linfirmière va venir vous enlever vos pansements, et vous allez
pouvoir rentrer chez vous. »
Pénétrant dans la pièce en croisant le docteur. Linfirmière en question se
dirigea vers le lit en souriant. Elle enleva soigneusement la longue série
de bandages qui entourait le corps de John.
En effet la blessure ne se laissait maintenant deviner que par une cicatrice
dans le milieu du ventre. Lara nen revenait presque pas, son esprit lui
jouerait-il des mauvais tours ? Comme lui avait expliqué le médecin, il est
tout à fait possible que dans sa panique elle nait pas bien vu laccident
comme il le fallait
enfin le principal était que tout le monde se portait
bien.
Dehors le vent glacial ne pu que faire
frissonner les épaules dénudées de la jeune femme. Elle se serra dans ses
bras en expirant lair chaud que contenaient ses poumons, transformé en
brume à la sortie de ses lèvres tièdes. La fatigue ne laidait pas à retenir
la chaleur de son corps épuisé et elle frissonnait. John enleva alors la
veste de son costume, et la déposa sur les épaules de son amie qui sourit à
ce gentil geste dattention. Les arbres nus de feuilles se présentaient
comme de vieux squelettes noirs, lhiver arrivait et endormait vite la
nature.
Le couple ne pu que remarquer de suite le commissaire qui attendait près de
sa voiture en bas des marches de lhôpital. Il piétinait sur place comme un
enfant impatient, son air nerveux et méprisant ne lavait pas quitté dune
semelle. En hurlant presque, hautain il fit quelque pas vers John.
« Vous êtes vraiment increvable vous ! »
Le jeune homme fut prit alors dune terrible envie de lui décrocher un coup
de poing dans le nez, de même que Lara qui serra les siens en prenant un air
boudinant.
« Ravi de vous revoir aussi commissaire
»
Le petit homme le montra du doigt en avança son buste vers lavant comme
pour le menacer.
« Pour votre info, vous avez laissé échapper la fille dans votre délire,
mais on entend plus du tout parler delle pour le moment, elle sest comme
évaporée. »
Laventurière nen revint pas de ses mots. Soit elle avait définitivement un
gros problème de mémoire et était victime dhallucinations, soit il y avait
véritable un problème.
« Je lai tué dune balle dans la tête ?! »
Il rit alors, heureux de voir la jeune femme désemparée par son incompétence
quil rêvait depuis longtemps de mettre en question.
« Non Miss Croft, on a pas du tout retrouvé son corps, et des témoins
laurait aperçu senfuyant. »
Le jeune homme se souvint également davoir tout de même entendu un coup de
feu vague, mais rien dautre.
« Tu las peut être manqué. »
« Je ne ratte jamais ma cible, je suis persuadée quelle était morte. »
Le commissaire parti alors vers sa voiture, un léger signe de la main pour
dire au revoir.
« Voyez les choses en face Miss, vous lavez manquée, dailleurs peut- être
que si vous vous étiez un peu plus pressée tout cela ne serait pas arrivé
»
La jeune femme savança, prête à réellement bondir sur ce petit imbécile.
John la rattrapa par la main.
« Laisses tomber, cest définitivement un con
»
Il sapprêta alors à monter dans sa voiture, mais après avoir ouvert la
portière, il se retourna une dernière fois vers laventurière coléreuse.
« Et au fait, pourquoi êtes vous encore là ? Ce nest pas votre histoire !»
Lara et John se regardèrent alors, la jeune femme sourit avec ironie.
« Désolé, mais je fais ça pour le sport
»
Il partit alors en râlant, démarrant la voiture en trombe pour partir là où
lui seul savait, laissant le couple sur place.
Le silence se fit alors, les deux amis
tentant de se remémorer les événements de la veille qui semblaient bien
étranges. Cest surtout Lara qui nen revenait pas, elle se souvenait
parfaitement avoir tiré, le sang avait giclé du crâne de la jeune fille qui
sétait effondrée en quelques secondes. Le bruit fracassant de son épée
chutant à terre avait été le seul son couplé au cri désespéré de
laventurière assistant au « meurtre » de son ami. Cétait parfaitement
clair, et pourtant rien de tout cela naurait été vrai ?
« Je suis certaine, quelle était morte. Je lai vu tomber à terre, le sang
entourant son visage. »
Le jeune homme croisa les bras, massant son ventre encore quelque peu
douloureux.
« Je me souviens, jai entendu ta voix, et puis tout est devenu blanc, ce
fut le silence. Je vois encore ses yeux remplis de haine, suivit de cette
douleur atroce, jallais mourir, je ne voyais plus ton visage, ta voix
sestompait dans les ténèbres, et pourtant je suis là
aurait-on rêvé ? »
Lara poussa un soupir. Rêvé ? Alors ce serait ça la réponse, tout cela
naurait été quun cauchemar. Lara naurait jamais tiré, et John se serait
toujours porté à merveille, la jeune fille aurait juste fuit en apercevant
laventurière ? La meurtrière se promènerait encore en ville, pleine de
vitalité
. Lara narrivait pas à y croire
« Je pense quil est maintenant temps de penser à autre chose. » Répliqua la
jeune femme lassée
« Je voudrais surtout te remercier. »
Elle fut surprise, son ami paraissait si délicat dans ses paroles, comme
prit par une grande pureté dâme.
« Me remercier de quoi ? »
Il savança afin de finir la descente des marches.
« Dêtre là. Oui merci dêtre là, et de me prouver que jexiste. »
Une certaine mélancolie pesait dans latmosphère, Lara ne savait pas quoi
dire, mais elle se sentait soulagée de constater que son ami nétait pas
froissé.
La jeep attendait non loin sur le parking de lhôpital, recouverte de
feuilles mortes.
« Tu as toujours cette carte du Groenland ? » Demanda John en fouinant dans
ses souvenirs
« Bien sûr, mais tu es déjà dattaque pour ça ? »
« Moui, et puis on a que ça a faire en plus
»
« Idiot
»
Ils marchèrent doucement vers la voiture, la jeune femme se vit alors
ralentir son pas. Ses jambes hurlaient à la mort, elle navait jamais autant
eu mal de sa vie.
« Euh
au fait, peux tu conduire ? »
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