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L'âge de glace DC
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L'âge de glace - Director's Cut,
chapitre 1, par Pitoch,
le 07 nov 2005.
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Chapitre 1
Depuis trois jours, il pleuvait sans
discontinuer sur Londres, hormis de brèves accalmies. Habitués à ce climat,
les anglais nétaient jamais affectés moralement par la météo. Cétait même
souvent linverse, la pluie ayant tendance à libérer leur bonne humeur.
Mais ce nétait pas le cas de Lara Croft. Protégée sous un immense
parapluie, elle regardait, debout à côté de sa voiture, un homme, courant
sous la pluie pour ranger du matériel dans la cour de son centre pour
enfants défavorisés. Léducateur. Un homme formidable, qui se donnait à
fond
dans sa nouvelle vie. Surtout parce quil navait aucun souvenir de
lancienne. Cet homme, Lara laimait. Encore aujourdhui. Toujours. Bien que
ce ne soit plus réciproque. Car Alex West navait aucune idée de qui elle
était. Et ça la déchirait. Six mois auparavant, lorsque Indy lavait amenée
ici pour lui montrer quAlex était vivant, elle avait presque sauté de joie.
Maintenant, le voir la torturait plus que de raison. Mais cétait de la
torture volontaire, car elle continuait à venir à intervalles réguliers.
Sans lui parler. De loin. Juste pour le voir. Chaque fois, elle restait
debout près dune heure, à le regarder évoluer. Chaque fois, elle avait le
secret espoir de le voir se tourner vers elle, de voir son visage
silluminer et de lui foncer dessus. Chaque fois, elle voulait quil la
prenne dans ses bras en lui disant quelques idioties. Et chaque fois, elle
repartait déçue, en se promettant de ne plus revenir. Mais elle revenait,
toujours.
Elle rentra à labri dans sa Jaguar et mit le contact. Soudain, la portière
côté passager souvrit. Lara dégaina son arme, avant de la lâcher
précipitamment par terre et de la cacher dun coup de talon sous son siège.
Alex sinstalla à côté delle et referma.
- Miss Croft, cest ça ? demanda-t-il.
- Euh
Oui, bafouilla-t-elle, abasourdie.
- Puis-je vous offrir un thé ? Si vous avez le temps, bien entendu.
Après un bref silence, la jeune femme se remit de sa surprise.
- Pourquoi donc ? demanda-t-elle avec suspicion.
- Et bien, dabord pour me faire plaisir, ensuite pour discuter.
Lara le regarda. Six mois quelle ne lavait pas vu de près, et elle le
trouva incroyablement beau. Son visage buriné par son ancienne vie était
adouci par la joie procurée par sa nouvelle. Sans sourire, toujours
circonspecte, elle accepta sa proposition et démarra.
Ils entrèrent dans un pub non loin de là, Alex céda galamment le pas à la
jeune femme. Ils sinstallèrent à une table et commandèrent leurs thés.
- Je suis ravi que vous ayez accepté, miss Croft, commença Alex.
- Lara.
- Merci. Vous pouvez mappeler Alex.
- Je sais.
- Pardon ?
- Alors, de quoi vouliez-vous me parler ? fit-elle pour changer de sujet.
- Et bien, de vous, principalement.
- De moi ?
- Oui. De votre étonnant comportement. Des dons généreux que vous faites en
mon nom pour une association de recherche sur létude des pathos
post-traumatiques. Des visites régulières au centre, comme aujourdhui.
- On dirait que vous avez mené une enquête
- Pratiquement, oui. Et ces éléments, combinés à dautres, mont amené à une
conclusion.
- Qui est ?
- Que nous sommes mariés. Ou plutôt, que vous étiez mariée à lhomme que
jétais avant.
Lintensité et la fixité du regard que lui jeta alors la jeune femme lui
firent plonger le nez dans sa tasse, attendant une réaction violente à sa
conclusion. Mais Lara resta immobile et silencieuse.
- Nous nétions pas mariés, finit-elle par dire. Vous ne vous souvenez plus
de rien ?
- Non, rien du tout. Les médecins disent que ça prouve que cest définitif.
Dans les cas damnésies réversibles, la victime est sujette à des flashs
répétés de son ancienne vie. Ce nest pas mon cas.
Lara soupira, afin de refouler les larmes qui lui montaient aux yeux.
- Mais ils disent aussi quun choc violent en rapport à mon ancienne vie
pourrait déclencher une vague de souvenirs.
Il parlait avec une touche de mélancolie dans la voix, comme sil regrettait
cette ancienne vie quil ne connaissait pourtant pas. Regardant autour pour
vérifier quon ne la voyait pas, Lara fit lentement descendre la fermeture
éclair de sa combinaison, dévoilant lentement un décolleté de plus en plus
plongeant.
- Jai une idée de choc qui pourrait ramener lancien Alex West, dit-elle
pour attirer son attention.
Il se tourna vers elle, la regarda dans les yeux, avant de plonger sur ses
seins dénudés. Il sen détourna vivement, rouge comme une pivoine.
- Quest-ce quil vous prend ? demanda-t-il en toussant de gêne.
- Rien, pardon.
Lara remonta la fermeture : elle se sentait parfaitement ridicule.
- Ecoutez, je dois y aller, dit-elle en se levant précipitamment.
Toujours embarrassé, Alex ne la retint pas. Elle en fut quelque peu déçue,
mais cette réaction termina de la convaincre.
- Je vous embêterais plus, West, dit-elle. Jai compris que je me
raccrochais à des chimères.
Alex soupira en hochant la tête.
- Je crois bien, hélas. Je suis désolé de ne plus être celui que vous
connaissiez.
- Vous ny êtes pour rien. Bonne continuation, et merci pour le thé.
Sans se retourner, elle sortit du pub et fonça jusquà sa voiture en
pleurant.
***
- Me voler, moi ! Vous êtes aussi fou que téméraire, docteur Jones !
Indy sourit, ce qui lui valut aussitôt un nouveau coup de poing au visage.
- Je tiens cet objet de mon grand-père, docteur Jones ! Il a une valeur
sentimentale ! Vous nauriez pas dû
- Sa place est dans un musée, et jen ai marre de courir après !
Il reçut un nouveau coup qui le laissa chancelant entre les mains des deux
gorilles qui le maintenaient. Lhomme en face de lui portait un costume sous
un grand manteau, ainsi quun chapeau Panama. Ils se trouvaient au Pérou,
dans les Andes, au-dessus dun ravin impressionnant, et sous une pluie
battante. Bien entendu, la nuit tombait. Une ambiance idéale, pensa Indy. Il
tenta de se dégager, mais les gorilles tenaient bon. Lhomme au Panama
sourit en regardant lobjet doré.
- La croix de Coronado
souffla-t-il. Quelle beauté
Tellement chargée
dhistoire
- Ben voyons, ironisa Indy. Vous ne voyez que la somme que vous pourriez en
tirer. Comme votre père. Ça doit être de famille
Il reçut un nouveau coup de poing.
- Peu mimporte ce que vous pensez, docteur Jones. La croix est à moi, et
vous, vous allez mourir.
- Si vous saviez le nombre de fois où jai entendu ça !
Soudain, Indy fit un mouvement violent pour séchapper. Mais au lieu de le
faire vers la forêt, comme nimporte qui en ces circonstances, il se jeta
vers le précipice, entraînant avec lui les deux gorilles. Ils le lâchèrent,
ne pensant quà sauver leur vie, en vain. Pris au dépourvu, ils disparurent
en hurlant dans les profondeurs sombres du ravin. Pendant ce temps, Indy
avait dégainé son fouet et donné un violent coup pour tenter de se rattraper
également. La fine lanière senroula autour de la cheville de lhomme de
Panama, qui fut ainsi entraîné par le poids dIndy. En quelques dixièmes de
secondes, lhomme se retrouva suspendu dune main à une liane. Il devait
lutter pour tenir, car en plus de son propre poids, il soutenait
involontairement Indy, accroché à lui par son fouet.
- Lâchez-moi, Jones ! hurla lhomme au Panama. On va mourir tous les deux !
- Laissez tomber la croix et je me débrouille sans vous ! répondit Indy.
- Jamais !
- Vous ne tiendrez pas longtemps à une main !
- Cette croix mappartient !
- Non, sa place est dans un musée !
Ils glissèrent soudain dun bon mètre : lhomme commençait à lâcher prise.
- Dépêchez-vous
- Très bien, Jones, très bien !
A contre-cur, il laissa tomber la croix. Sa main droite tenant le fouet,
Indy la réceptionna avec la gauche, puis la glissa dans son blouson de cuir.
Il sagrippa ensuite à la paroi, dénoua son fouet et entreprit de remonter.
Il doubla lhomme au Panama qui, bien que soulagé du poids dun autre, nen
était pas moins en grande difficulté. Indy sactiva et une fois en haut,
sallongea par terre, dans la boue, pour tendre les bras.
- Attrapez ! cria-t-il.
Lhomme ne se fit pas prier. Indy tenta de le hisser à la force des bras.
Soudain, lhomme fit contre-poids, attirant Indy à lui. Celui-ci saccrocha
à une liane grâce à ses réflexes, et ils se retrouvèrent de nouveau contre
la paroi, en situation précaire.
- Bravo, très intelligent
ironisa Indy en tentant de remonter une nouvelle
fois.
- Je veux cette croix, Jones ! Je la veux !!!
Il lâcha soudain prise et senfonça en hurlant dans les ténèbres. Indy
escalada la liane et revint sur le sol boueux, où il sécroula, épuisé et à
bout de souffle. Il se releva après un long moment en gémissant et ramassa
son Stetson.
- Jen ai marre de cette croix ! souffla-t-il en montant dans la jeep non
loin de là. Jen ai vraiment marre !
***
Lécran digital haute définition afficha « Indiana Jones ». Sans hésiter,
Lara décrocha.
- Croft, fit-elle par réflexe.
- Cest Indy, tu vas bien ?
- Impec et toi ?
- Au mieux de ma forme
Tu es où ?
- Dans la rue, je fais les boutiques, et je profite de la moindre accalmie
pour sortir.
- Il pleut aussi chez vous ?
- Oui, un temps de cochon. Mois de Juillet pourri.
- Bon, ça te dirait de déprimer sur le temps ensemble ?
- Pourquoi ? demanda-t-elle, folle despoir.
- Jarrive demain matin à Londres. Jai besoin de vacances, et un manoir
anglais en pleine cambrousse me semblait tout indiqué.
- Génial, Indy ! Je demanderais à Winston de te préparer une chambre ! Je
suis super contente !
- Tant mieux. A demain, alors ?
- Oh oui ! Je viendrais te chercher à Heathrow. Bisous !
Elle raccrocha et rangea son portable. En se retournant, elle se retrouva
soudain nez à nez avec un homme en train de courir dans sa direction. Tous
les deux surpris, ils neurent pas le temps de réagir : lhomme percuta Lara
en pleine course, la plaquant littéralement au sol. Le souffle coupé, la
jeune femme le vit se relever et reprendre sa course effrénée. Deux hommes
galants laidèrent à se relever. Elle les remercia, puis pesta contre la
brute qui avait déjà disparu. Elle retourna à sa Jaguar et démarra en
trombe.
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