|
|
|
L'école DC |
 |
 |
L'école - Director's Cut,
prologue, par Pitoch,
le 12 août 2006.
Début |
Chapitre suivant
Prologue
La jeune femme consulta sa montre : deux
heures du matin. La nuit était idéale pour ce qu’elle avait à faire. Pas de
lune, peu d’étoiles. L’obscurité parfaite alliée à sa tenue entièrement
noire la rendait quasiment invisible. Elle compléta le déguisement en
faisant glisser sa cagoule – noire aussi, bien évidemment – sur son visage,
avant d’escalader prestement le haut mur d’enceinte de la propriété.
Accroupie dessus, elle sortit des binoculaires à infra-rouges et étudia la
demeure. Une plaque ouvragée en or indiquait « Manoir Croft », au-dessus de
la grande porte d’entrée. Rassurée, elle rangea les jumelles et sauta du mur
: elle atterrit en souplesse dans l’herbe humide. Sans perdre de temps, elle
courut silencieusement, à la manière d’un félin. Une fois contre le mur,
elle attendit, aux aguets : aucun son ne sortait de la maison, ni aucune
lumière. La jeune femme se dit alors qu’elle pourrait pousser le cynisme
jusqu’à entrer par la porte principale. Mais elle se ravisa aussitôt : son
employeur n’aimerait pas ce genre de fantaisie. Elle fit donc le tour de la
propriété et trouva une porte de service qui convenait parfaitement. Le
crochetage fut rapide et silencieux : elle entra.
Munie d’une petite lampe torche, elle parcourut les couloirs, se déplaçant
comme une ombre. Elle arpenta les couloirs jusqu’à tomber sur une grande
cuisine, digne d’un restaurant. Soudain, elle entendit un bruit. Elle se
cacha derrière le frigo par rapport à l’entrée, au moment où la lumière
jaillit. Quelqu’un approchait à pas traînants. Sortant un couteau, la jeune
femme attendit, prête à agir. La porte du frigo s’ouvrit. Puis se referma
quelques instants plus tard. Les pas traînants s’éloignèrent, et la lumière
disparut. Elle attendit un moment, puis se décida à reprendre sa respiration
et son exploration des lieux.
Elle déboucha sur le hall d’entrée, et s’engagea sans hésiter dans les
larges escaliers qui menaient à l’étage. En traversant le couloir, elle
repéra la chambre principale, qu’elle évita soigneusement. Elle continua
lentement et arriva enfin devant une porte à double battant, qu’elle poussa
précautionneusement : elle s’ouvrit sans bruit, et la jeune femme pénétra
dans la bibliothèque personnelle. Elle passa les livres en revue, à la lueur
de sa torche. Elle consulta plusieurs fois la petite note sur laquelle était
inscrit le nom de l’ouvrage désiré par son employeur. Elle finit par le
trouver et par l’extraire de son emplacement. Soudain, la lumière se fit,
violente. Elle se retourna rapidement pour se trouver face au canon d’une
arme de poing. Une femme brune, en pyjama de satin, la tenait en joue. La
propriétaire des lieux, certainement. Et elle n’avait pas l’air spécialement
de bonne humeur…
***
- Lâche ce bouquin, fit Lara sans quitter
la femme cagoulée des yeux.
Avec des gestes lents, la voleuse posa le livre sur un bureau proche.
- Tu te prends pour une ninja, avec ton costume ? continua-t-elle. Pourquoi
me voler ce livre ? Et enlève ta cagoule quand je te parle !
La voleuse fit non de la tête. Lara en fut particulièrement agacée, et arma
bruyamment son Desert Eagle.
- T’es sûre ? insista-t-elle.
Soudain, la voleuse eut un mouvement rapide. Lara n’avait pas encore analysé
la situation qu’elle se retrouva désarmée, sous la menace de son propre
Desert Eagle.
- Rapide… fit Lara, sincèrement admirative.
La voleuse, toujours muette, commença à reculer vers la fenêtre. En passant,
elle reprit le livre posé sur le bureau. Lara ne la lâcha pas du regard,
mains levées sous la menace de son arme. Arrivée près de la vitre, la
voleuse retira la balle située dans la chambre, puis fit tomber le chargeur.
Elle venait d’annihiler la menace qui la protégeait : Lara bondit sans
hésitation, à peine le chargeur débloqué. La voleuse garda son sang-froid :
elle laissa tomber le Desert Eagle sur son pied et, d’un petit coup sec,
envoya l’arme sur Lara. La jeune femme ne put l’éviter et le reçut en plein
visage. Elle tomba à la renverse, à moitié assommée. Le temps qu’elle se
relève en jurant, la voleuse avait bondit par la fenêtre. Humiliée et en
colère, Lara suivit sans hésiter le même chemin : elle sauta et atterrit un
étage plus bas, dans l’herbe humide. Malgré l’obscurité, elle voyait encore
la silhouette de la voleuse se ruer vers le mur d’enceinte. Bien que pieds
nus, Lara courait beaucoup plus vite. La mystérieuse femme sembla se rendre
compte également, car elle s’arrêta brusquement et se retourna pour faire
face. Beaucoup moins amène, Lara se jeta sur elle et lui envoya son direct
du droit. La voleuse bloqua le bras sous son aisselle et, d’un coup violent
et précis, cassa l’avant-bras de Lara des deux mains. La jeune femme tomba à
genoux en hurlant. La voleuse la fit taire d’un violent coup de pied en
pleine figure. Tout s’était déroulé à une vitesse impressionnante. En
l’espace de quelques minutes, Lara s’était fait assommée deux fois et avait
vu son bras cassé comme une allumette. Elle perdit conscience aussitôt, et
ne vit pas la mystérieuse femme s’enfuir avec un livre.
***
- Incroyable ! C’est la première fois que
je vois ça !
Le médecin posa la radio. Lara aurait juré qu’il était admiratif devant la
cassure de son avant-bras.
- Faudrait pas que ça vous rende joyeux non plus, toubib ! reprocha-t-elle.
- Excusez-moi, Lara, un vieux réflexe. Je suis désolé pour votre bras, mais
vous avez de la chance : j’ai jamais vu une cassure aussi nette. Dans deux
semaines, tout sera ressoudé !
- Veinarde que je suis…
Lara était boudeuse : elle se retrouvait dans l’état d’esprit d’une petite
fille chagrinée par un beau plâtre tout neuf, en attendant les dédicaces de
ses amies. La moue chagrine de la jeune femme fit sourire le médecin, qui
rangeait son matériel.
- Le plâtre est sec, je vais donc vous laisser vous reposer, fit-il.
- Nous vous remercions d’être venu aussi vite, docteur, intervint Winston.
- C’est bien naturel.
Le majordome le raccompagna jusqu’à sa voiture. Bryce arriva alors en
trombe, un marqueur à la main.
- Je peux être le premier ? demanda-t-il.
La spontanéité et l’innocence du jeune homme sortirent Lara de son humeur
maussade : elle pouffa.
- Vas-y, mon chou, fais-toi plaisir !
Bryce s’attaqua à des gribouillis complexes lorsque Winston revint.
- Bien, puisque nous sommes tous là, nous avons du boulot ! attaqua-t-elle.
Le majordome la regarda, un sourcil levé.
- Du « boulot », Miss ? s’étonna-t-il.
- Rien de bien difficile. Vous allez me trouver quel livre cette salope m’a
volé.
- Ben un livre de la bibliothèque, fit Bryce, qui se prit aussitôt une
claque sur la tête.
- Comment sont classés les livres ? Alphabétiquement ?
- Non, répondit Winston. Monsieur votre père avait son propre système.
C’était un peu sa caverne d’Ali Baba…
- Ouais, je sais… Alors il faut trouver une photo de la bibliothèque, pour
comparer. Ou consulter des archives. Des notes de mon père. Bref, je veux
savoir.
- Ca me paraît difficile, Lara…
- Je m’en fous !
Le ton fit sursauter Bryce. Il recula, son feutre à la main.
- Je ne veux pas savoir comment vous allez faire ! cria Lara. Utilisez une
incantation vaudou si ça vous chante, mais trouvez-moi quel livre elle a
pris ! Rompez !
Winston et Bryce sortirent de la chambre. Une fois dans le couloir, le jeune
homme rattrapa le majordome.
- Une photo de la bibliothèque me semble la meilleure idée, non ?
- Inutile de s’énerver, répondit tranquillement Winston. Lara est folle de
rage de s’avoir été battue aussi facilement. Elle cherche juste à
extérioriser sa frustration et sa colère.
- On cherche pas le bouquin volé ?
- Parfaitement inutile. Elle aura oublié dans quelques jours.
Début |
Chapitre suivant
Donnez votre avis sur cette histoire
directement à Pitoch ou
sur
le forum de Captain Alban.
L'exposition
de Captain Alban
|
|
|