|
|
|
Un rêve de mains
rouges (1) |
 |
 |
Un rêve de mains rouges,
Partie 1 - Chapitre 1, par Hermione,
le 19 septembre 2006.
Partie 1 : The Angel
of Darkness
Début
| Chapitre précédent |
Chapitre suivant
Chapitre 1 : Le
linceul
La chose qui m’a conduite à Paris est un
linceul. Je me suis forcée à reprendre les bonnes vieilles habitudes et à
recommencer à chercher des artefacts dignes d’intérêt. Le linceul en faisait
partie. Je ne savais pas grand-chose sur cet objet, excepté son ancienneté –
période pré-biblique – et le fait qu’il fasse partie du monde occulte, où
mes missions me mènent trop souvent. Quiconque cherche des faits mystiques
inexpliqués a de fortes chances de tomber sur moi.
La raison m’ayant poussée à chercher ce linceul, c’était qu’il semblait lié
à la Lance du Destin, autre relique qui m’avait donné du fil à retordre
autrefois, ainsi qu’une bonne leçon. Qu’importe, cela s’est révélé faux. Il
n’avait aucun lien avec la Lance. Son histoire et son origine m’échappaient
complètement, par le peu de détails que j’avais pu trouver dessus.
Comme tous les linceuls, il avait dû être blanc au départ ; mais le fil du
temps l’avait rendu poussiéreux et grisâtre, voir rétréci.
Perplexe, après m’en être emparé, je l’avais examiné sous toutes les
coutures, pendant très longtemps – quatre jours, je crois. Et cela au point
que je sentais le parfum de mort et de poussière qu’il dégageait, même après
que je l’eusse envoyé chez moi. J’ai longtemps cherché ce qu’il pouvait
être, à qui il avait pu appartenir. En vain. Alors je l’oubliai, pour un
temps.
Deux semaines plus tard, je recevais un appel téléphonique de Werner,
affolé. Je ne le savais pas encore, mais une nouvelle aventure était sur le
point de commencer.
Il voulait me voir dans son appartement, ici à Paris, dès que possible. Il
semblait terrorisé, réclamant mon aide et parlant d’un meurtrier.
Je l’avais croisé une fois après l’Egypte. Notre rencontre avait été sèche,
brutale. Il ne pouvait pas s’attendre à ce qu’il en soit autrement cette
fois-ci. Non, vraiment pas.
Son appartement était sombre ; il n’avait
allumé qu’une lumière, et la seule autre lueur était celle de la lune,
filtrant à travers le rideau de la fenêtre ouverte, avec le tissu qui
claquait au vent qui rugissant. Comme lui, j’étais assise dans un fauteuil.
Et je ne comprenais vraiment pas ce qu’il me voulait.
-Continue, fis-je.
-Je cherche un objet, une peinture d’Obscura, dit-il, ses yeux inquiets me
regardant au travers de ses lunettes.
Il se leva.
-Si je ne la trouve pas, il me tuera.
Je me suis levée à mon tour, froide. Le regard sombre, empreint d’une
certaine lassitude et amusement. Il me demandait de l’aide alors qu’il ne
m’en avait pas donné, lui.
-Ça ne me concerne pas, répliquai-je.
Il se retourna vers moi, vraiment paniqué.
-Un monstre dans la rue. Des gens meurent dehors !
Il prit un papier et me le mit dans ma main.
-Va voir cette femme, Carvier. Elle t’expliquera.
Je tentai, en mémoire de Putaï, de repousser la haine et la colère qu’elle
m’avait appris à maîtriser, mais je le repoussai violemment dans son
fauteuil, me penchant sur lui, plus méprisante que jamais.
-Et l’Egypte, Werner ? Tu es parti sans te retourner. A mon tour.
Mais il se releva, me poussant à terre brusquement, et sortit une arme à
feu.
-A terre ! Couche-toi !
A moitié assommée par le coup, je restai au sol, tandis que des coups de feu
et des gémissements retentissaient. Ma vision restait troublée, et mon corps
sans force, sans que je sache pourquoi. J’entendis vaguement des paroles
hâtives, avant de sombrer définitivement dans l’inconscience.
Lorsque je revins à moi, les lunettes brisées de Werner gisaient au sol, à
côté de mon visage. Je me sentais fatiguée, de la même manière qu’en Egypte.
Je ne me souvenais presque pas de ce qui s’était passé après ma discussion
avec Werner. Je me relevai avec difficulté, et allai jusqu’au corps de mon
mentor. Je dis corps, parce que je m’aperçus tout de suite qu’il était mort.
Je le soulevai un instant, deux émotions se disputant à l’intérieur de moi,
le choc de son décès et le sentiment d’être vengée. Mais bientôt, la
vengeance revint. Je ne trouverais pas la paix tant que l’assassin de Werner
ne serait pas mis hors d’état de nuire, d’une part pour la mémoire de mon
mentor, d’autre part parce que ce quelqu’un m’avait empêché de me venger
moi-même, même si je n’aurais pas été jusqu’au meurtre.
Je me relevai, laissant son corps à terre.
Mes mains étaient rouges. Rouges de son sang. Une pensée me frappa avec plus
de force. Je voulais venger Von Croy, mais je ne me souvenais plus de son
assassin, mes souvenirs étant occultés. Et ma haine envers Werner était
meurtrière. Alors la question persistait : étais-je sûre de savoir qui
l’avait tué ? Moi, ou un inconnu sanguinaire ? Je ne me souvenais plus de la
scène, mais j’aurais pu le faire. Le sang dégouttait de mes mains.
Brusquement, des sirènes de police retentirent. Je m’enfuis immédiatement.
Coupable ou pas, j’allais être le premier suspect pour la police. Coupable,
jusqu’à ce que mon innocence soit prouvée.
La nouvelle Lara que j’étais, froide, étrange et transformée, aurait très
bien pu effacer son meurtre de sa mémoire. Ne pas se souvenir ne prouvait
rien.
A mes yeux, c’était moi l’assassin.
Début |
Chapitre précédent |
Chapitre suivant
Donnez votre avis sur cette histoire
directement à Hermione ou
sur
le forum de Captain Alban.
L'exposition
de Captain Alban
|
|
|