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L'âge de glace DC
(8) |
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L'âge de glace - Director's Cut,
chapitre 8, par Pitoch,
le 29 déc 2005.
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Chapitre 8
Dans lavion qui la ramenait en Angleterre,
Lara sétait demandée dans quel état elle allait retrouver son pays. Elle
sétait même inquiétée. Elle fut donc surprise de trouver un soleil éclatant
sur Londres, et une chaleur digne des meilleurs étés. Comme elle sortait du
terminal dHeathrow, elle se mit à douter. Ne sétaient-ils emballés un peu
vite, à imaginer le pire ? Et si tout cela nétait finalement quun simple
caprice du temps ? Elle se posait ce genre de questions quand elle tomba en
arrêt devant un kiosque : le Sun titrait en une sur lévénement de la
veille, à savoir un tremblement de terre de faible intensité, qui navait
occasionné que du bris de vaisselles, mais qui restait très inhabituel au
Royaume-Uni.
entraînera la colère du Ciel et de la Terre
Elle sengouffra dans un taxi et partit pour le manoir Croft.
***
Linspecteur principal de Scotland Yard
Allister McRiddell était en nage. La climatisation de son bureau était en
panne et bien évidemment, le froid avait disparu. Son large surpoids et son
manque de condition physique supportaient difficilement de telles variations
de température, et il suait donc à grosses gouttes depuis le matin.
Résultat, il était dune humeur massacrante. Tellement massacrante quil
avait failli étrangler son assistant et quil sétait enfermé dans son
bureau, avec interdiction absolue de le déranger. « Et noubliez pas que je
suis de mauvaise humeur et armé ! » avait-il hurlé en claquant la porte.
Maintenant seul, il lisait son journal, les pieds sur le bureau. Mais il ne
décolérait pas. Il devait passer ses nerfs sur quelquun. Il se prit à
plaindre le prochain qui oserait passer la porte : il allait ramasser pour
tout et pour tout le monde. Il grogna, tentant de lire le résumé du match de
la veille. Soudain, il entendit la porte souvrir, puis se fermer, et
quelquun sinstaller sur la chaise face à lui. Pour linstant caché
derrière son journal grand ouvert, McRiddell eut un sourire mauvais : sa
victime expiatoire venait soffrir delle-même en sacrifice. Il abattit
soudainement son journal, espérant surprendre son infortuné collègue et lui
coller la frousse de sa vie : ce fut un échec. Non pas parce que son
mouvement ne surprenait pas, mais parce quil ne sagissait pas dun
collègue. Abasourdi, il regarda la dernière personne quil sattendait à
trouver ici, voire quil voulait trouver ici. Puis il jeta son journal en
grommelant.
- Quest-ce que tu veux ? fit-il sèchement.
- Voilà des manières peu amènes, quand on reçoit une dame de mon rang,
Inspecteur McRiddell, déclara Lara, faussement outrée.
- Je vous présente mes excuses, milady, reprit-il avec un rictus ironique.
Que puis-je faire pour vous ?
- Je viens prendre des nouvelles de ton enquête. Sur Robson.
McRiddell fronça les sourcils, ce qui naugurait jamais rien de bon, tout le
monde le savait. Sauf elle. En tout cas, elle ne le montra pas.
- Lady Croft, ces informations ne concernent que le Yard. Elles sont
classifiées.
- Et en tant que vieille connaissance, tu ne peux rien me dire non plus ?
- Non.
- En échange dun dîner aux chandelles ?
- Non plus. Tu mas déjà fait le coup plusieurs fois. Huit fois, je crois.
Huit dîners aux chandelles négociés. Huit lapins.
- Jai souvent des imprévus, sexcusa-t-elle.
Linspecteur bedonnant préféra ignorer quelle se moquait ouvertement de
lui. Il prit une profonde inspiration et lui indiqua la porte.
- Je ne peux rien vous dire, milady, jen suis navré. Si vous navez pas
dautres questions
Lara se leva, sans le quitter des yeux.
- Je suis déçue, McRiddell. Très déçue.
- Jen suis navré, milady.
Lara sortit du bureau et referma derrière elle. Linspecteur attendit un
moment, puis laissa exploser sa joie. Ce qui venait de se passer ne valait
pas un bon défoulement sur un malheureux collègue, mais rembarrer une Lady
aussi tenace que Croft lui procura une intense satisfaction. Il se décida à
partir, sa journée se terminant sur une bonne note. Il rangea le journal,
puis vida son bureau. Il attrapa sa sacoche et regarda dans ses poches, puis
dans les tiroirs : où avait-il mis son putain de badge ?
***
Après une rapide recherche sur Internet,
Lara eut confirmation de ses craintes : Jack Penny, le suspect numéro un du
Yard dans le meurtre de Robson, vivait à White Chapel. Très exactement dans
un centre pour enfants défavorisés. Le gros manque de chance, en somme. Elle
soupira et retourna à laccueil de Scotland Yard. Elle rendit le badge à
lhôtesse, déclarant quelle lavait trouvé sur le parking. Puis elle
retourna à sa voiture et démarra en trombes. Ce qui était osé, devant le
siège de la police. Elle fonça en direction du quartier pauvre de Londres
mais se gara à bonne distance, sa Jaguar risquant dattirer des convoitises.
Elle termina à pieds et rejoignit rapidement le centre. En soupirant, elle
sengagea résolument dans la cour, la traversa, et entra enfin dans le
bâtiment. Un petit standard, dans un coin de la salle daccueil, était
occupé par une vieille femme concentrée sur le rangement de papiers. Très
accueillante, elle offrit à Lara un large sourire. La jeune femme
sapprocha.
- Bonjour, jaimerais parler à Jack Penny, sil vous plait, fit-elle.
Après tout, elle ne risquait rien à demander directement, sans détour.
- Bien sûr, asseyez-vous, je vais le chercher.
La vieille femme se leva et disparut derrière une porte, qui menait au cur
du centre. Lara attendit, debout, faisant les cents pas au milieu des
canapés et des revues. Enfin, lhôtesse revint, accompagnée
du responsable.
Lara se crispa, serrant discrètement les dents. Pas de chance. Elle devait
jouer finement.
- Mes respects, milady, fit Alex en sinclinant.
- Bonjour, monsieur West, répondit-elle.
- Anny vient de me dire que vous cherchez à rencontrer Jack ?
- Cest exact.
- Pour quelles raisons ?
- Cest personnel.
West neut pas du tout lair ravi de cette réponse.
- La police est déjà venue linterroger, cest suffisant. Il a besoin de
repos. Et comme vous nêtes pas du Yard
Lara le dévisagea, sans un mot. Si différent, pensa-t-elle. Si atrocement,
si douloureusement différent.
- Je ne viens pas lui parler du meurtre, tenta-t-elle.
- Ah non ? De quoi donc ?
Lara décida soudain de changer langle dattaque.
- Pouvons-nous parler dans votre bureau, monsieur West ?
- Bien entendu, suivez-moi, milady.
West conduisit la jeune femme dans un couloir, puis dans une petite pièce
joliment agencée. Immédiatement, léducateur sappuya contre le bureau, bras
croisés.
- Je vous écoute, milady. Mais je vous préviens quil sera difficile de me
convaincre de vous laisser le voir !
Lara soupira.
- Mon Dieu, que je vais regretter ce que je vais faire
- Pardon ?
Sans crier gare, elle sapprocha rapidement de West et lui donna un violent
coup de genoux dans les parties intimes. Il sécroula et, avant quil ne
puisse hurler de douleur, Lara abattit ses deux poings liés sur sa nuque,
lassommant directement. Il sétala de tout son long par terre avec un petit
gargouillis inquiétant. Aussitôt, la jeune femme se pencha sur lui : il
allait rester inconscient un bon moment et se réveiller avec une migraine
carabinée.
- Je suis désolée, mon chéri
fit-elle dune petite voix. Mais je dois le
voir. Et avec un peu de chance, ce coup va te rendre ta mémoire.
Elle sortit du bureau, regardant autour delle, puis referma la porte. Bien
que ne connaissant pas les lieux et ne sachant donc pas où aller, Lara
marcha dun pas résolu, afin de ne pas attirer lattention. Elle emprunta
une volée de marches menant à létage. Elle tomba sur les dortoirs, découpés
en chambre de quatre lits. Justement, une des chambres accueillait une
partie de poker endiablé. Le joueur en face de la porte resta bloqué.
- Putain, les mecs, matez le morceau !
Les trois autres se retournèrent. Lara agrémenta son sourire dun petit clin
dil.
- On se calme, les gars, fit-elle. Je suis venue pour Jack.
- Jack ? Penny ?
- Oui, répondit Lara dun ton innocent. Cest bien son nom-là.
- Lenculé de veinard, merde !
- Où est-il ?
- Dernière chambre.
Lara sapprêta à partir quand une idée lui traversa lesprit.
- Au fait, les garçons, Jack a payé assez cher pour mavoir. Alors ne venez
pas le déranger. Enfin
« nous » déranger.
Et elle séloigna dans le couloir, sous les rires et les hourras des quatre
jeunes hommes. Elle arriva jusquà la dernière chambre. Un jeune garçon sy
tenait, assis sur un lit. Lara poussa mentalement un soupir de soulagement :
cétait bien le meurtrier de Robson, donc le voleur de lance.
- Jack Penny ? demanda-t-elle, au cas où.
- Je vous ai entendu discuter avec les gars. Je nai pas commandé une pute
de luxe.
- Ah non ?
- Non. Alors quoi, vous êtes de la Poule ?
- Non. Mais je veux quand même savoir qui ta payé pour récupérer la pointe
de lance en pleine rue, quitte à tuer pour cela.
Penny aurait reçu un coup en pleine figure quil naurait pas été plus
ahuri. Complètement déstabilisé par laccusation claire et précise de Lara,
il se mit à bafouiller. La jeune femme poussa son avantage.
- Ca vaut cent dollars, et tu risques la corde au cou pour ça. Quelquun ta
forcément payé beaucoup plus cher. Alors je veux savoir qui, et je te
dénonce pas au Yard.
- Vous avez aucune preuve, lâcha-t-il enfin, remis de sa stupeur.
- Cest moi que tu as bousculé en tenfuyant. Mon rang social jouera en
faveur de mon témoignage. Donc en ta défaveur
Penny resta silencieux.
- Dis-moi qui a récupéré cette pointe de lance, Jack. Dans ton intérêt.
- Je lai vu quune fois. Cest une armoire, il fait au moins deux mètres.
Très blond, limite zarbe. Un sale accent. Son nom, cest Eric Lo
Soudain, il sécroula avec un petit cri. Lara bondit aussitôt, mais trop
tard : le jeune homme était déjà mort, foudroyé par le poison quune petite
fléchette plantée dans sa nuque lui avait injecté. Il était dos à la
fenêtre. Sans attendre, elle sy précipita. Elle repéra un mouvement sur le
toit et sortit du bâtiment par la chambre de Penny. Saidant dune
gouttière, elle arriva à son tour sur le toit et entreprit de courir après
le meurtrier. Les maisons resserrées et très sombres offraient une pénombre
salvatrice à celui-ci, et Lara ne pouvait distinguer quune silhouette, qui
finit par disparaître. La jeune femme dut se rendre à lévidence : elle ne
le rattraperait pas. Profitant dune gouttière particulièrement pratique,
elle rejoignit le sol dans une ruelle sombre et malodorante. Un vrai
coupe-gorge, quelle sempressa de quitter. Cest alors quelle entendit le
claquement dun revolver quon arme, tout près delle. Avant quelle ne
puisse réagir, une voix masculine se fit entendre.
- Pas de mouvements brusques, sil vous plait, fit lhomme derrière elle.
Lara resta immobile.
- Mettez-vous face au mur, mains appuyées.
Elle sexécuta. Lhomme commença à la fouiller, passant ses mains sur ses
hanches et
ailleurs.
- Je ne suis pas armée, précisa-t-elle.
- Je vois ça. Simple vérification.
Il trouva le porte-feuille de Lara et le sortit de la poche.
- Pourquoi avez-vous tué Jack Penny ? demanda-t-elle, sans se retourner. Il
en savait tant que ça ?
- Tournez-vous.
Lara hésita, sachant que voir son visage pouvait lui donner une réelle
raison de la tuer. Mais elle sexécuta. Elle sattendait à un homme vicieux,
un assassin professionnel. En lieu et place, elle se trouva nez à nez avec
un bel homme, la trentaine, brun, les cheveux mi-longs. Il portait des
habits fonctionnels sans signes particuliers, ainsi quun bouc sur le
menton. Le regard de Lara fut attiré par une petite cicatrice sous lil
gauche, très voyante, et par le regard inexpressif de lhomme. Il ouvrit le
porte-feuille et en sortit le permis de conduire, avant de jeter le reste.
Le tout dune main, sans cesser de viser la jeune femme.
- Lara Croft, lut-il.
- Cest moi. Et vous êtes ?
- Remettez-vous face au mur, à genoux et mains derrière la tête.
Lara se crispa.
- Vous allez me tuer ?
- Si vous nobéissez pas dans la seconde même, oui.
Elle sexécuta et lui tourna le dos. Elle se plaça à genoux.
- Miss Croft, je vous conseille doublier rapidement ce que vous a dit
Penny. Doublier cette histoire. Retournez chez vous. Protégez votre vie et
celles de vos proches.
- Pourquoi ? Que savez-vous ? Qui êtes-vous ?
Pas de réponse. Lara finit par se retourner : lhomme avait disparu. En
soupirant, elle ramassa son porte-feuille et quitta la ruelle.
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L'exposition de Captain Alban
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